La BCE n'a pas modifié d'un iota sa politique monétaire jeudi, son président Mario Draghi tentant d'apaiser les craintes des marchés quant à une réduction prématurée de son programme de rachats d'actifs. Certes, a souligné la BCE, les indicateurs confirment un renforcement et un élargissement de la croissance dans la zone euro mais l'inflation est encore trop basse pour envisager tout resserrement monétaire. "La dernière chose que voudrait le Conseil des gouverneurs serait un resserrement des conditions monétaires qui ralentirait ce processus" de reprise, a commenté Mario Draghi. "Nous devons être tenaces et patients parce que nous n'y sommes pas encore", a-t-il ajouté.

Fin juin, un discours de Mario Draghi avait été interprété comme le signal d'une possible réduction du programme de rachat d'actifs (QE) avant la fin de l'année. Ce sujet n'a pas été abordé aujourd'hui, a affirmé l'Italien. "Nous avons également été unanimes à faire savoir qu'il n'y avait aucun changement dans le pilotage des anticipations et aussi pour ne pas fixer de date précise pour discuter des changements à l'avenir; en d'autres termes, nous disons simplement que nos discussions devraient se tenir (..) à l'automne".

Il ne reste que trois réunions à la BCE pour expliquer comment et quand elle va réduire ce programme, censé se terminer fin 2017 mais qui pourrait être prolongé de plusieurs mois pour de ne pas risquer de déstabiliser les marchés. La BCE précise d'ailleurs qu'elle pourrait non seulement prolonger mais aussi augmenter ses rachats si les perspectives économiques se détérioraient.

Les investisseurs ont accueilli fraîchement ces propos alors qu'ils espéraient des indications plus claires de la part de la BCE. Ils vont désormais devoir attendre jusqu'en septembre. Vers 17h le CAC 40 cède 0,5% à 5189 points alors qu'il gagnait 0,4% avant le discours de Mario Draghi. Quant l'euro, il poursuit sa hausse face au dollar, à plus de 1,16$ contre 1,15$ dollar ce matin.