L'euro marque une pause bien méritée ce lundi après deux semaines de vive hausse qui l'ont porté à son plus haut niveau en deux ans et demi. Vers 10H20 la devise européenne cède 0,2% à 1,1720 dollar, contre 1,1755 dollar vendredi soir. Elle reste néanmoins en hausse de plus de 10% face au billet vert depuis le 1er janvier.

Si cette appréciation reflète l'amélioration des perspectives économiques de la zone euro, elle est aussi la conséquence des doutes qui pèsent sur l'économie américaine. Au deuxième trimestre, cette dernière a enregistré une croissance de 2,6% en rythme annualisé, légèrement inférieure aux attentes des analystes après la déception premier trimestre (+1,2%).

"Les cambistes n'étaient déjà pas convaincus que la Fed (Réserve fédérale américaine) pourrait de nouveau relever ses taux d'ici la fin de l'année" et avec ces publications, la perspective d'un resserrement monétaire s'éloigne encore, a commenté David Madden, analyste chez CMC Markets, cit par l'AFP. "Cela laisse donc les investisseurs avec un contexte négatif pour le dollar, qui n'a pas non plus été aidé par l'échec la nuit précédente du vote sur la santé au Sénat" américain, a continué Omer Esiner, de Commonwealth Foreign Exchange, dans une note.

De son côté, le FMI a estimé dans un rapport publié vendredi que le dollar est encore surévalué de 10 à 20% par rapport à l'euro, compte tenu des fondamentaux économiques des deux zones. La parité pourrait donc évoluer, d'autant qu'une pluie d'indicateurs est attendue cette semaine des deux côtés de l'Atlantique. A 11h ce lundi les investisseurs prendront connaissance des chiffres de du chômage et de l'inflation en zone euro, avant la première estimation du PIB du deuxième trimestre demain. Aux Etats-Unis, les indices PMI seront dévoilés mardi et mercredi avant le rapport mensuel sur l'emploi, vendredi.

Si elle se poursuit la hausse de l'euro risque de peser sur les résultats des entreprises européennes au second semestre. D'où la prudence affichée par les investisseurs face aux bons résultats semestriels publiés ces derniers jours, qui n'ont pas permis au CAC 40 de sortir de sa tendance baissière.