L'escalade verbale se poursuit entre Donald Trump et Kim Jong-un, le leader nord-coréen. Le président américain a promis hier le "feu" et la "colère" à Pyongyang en cas de nouvelles menaces contre les Etats-Unis, et celles-ci n'ont pas tardé à arriver. En réponse le régime de Pyongyang a affirmé mercredi "examiner soigneusement" un projet de frappe sur le territoire américain de l'île de Guam, dans le Pacifique. Ce plan pourrait être mis en œuvre "à tout moment, dès que Kim Jong-un, le commandant suprême de la force nucléaire de la DPRK (Corée du Nord) le décidera", a précisé l'organe de presse officiel du régime.

Les bourses européennes ont terminé dans le rouge mercredi notamment le CAC 40 qui a lâché 1,4%, plombé par le recul des valeurs bancaires. Plus tôt en Asie, la Bourse de Tokyo avait fini sur une baisse de 1,29% et inscrit son plus bas niveau de clôture depuis le 31 mai tandis que celle de Séoul abandonnait 1,1%, au plus bas depuis sept semaines. Wall Street a également ouvert en baisse mais plus modérée, le Dow Jones cédant 0,3% en milieu de matinée.

La France et l'Allemagne ont fait part de leur inquiétude après ces menaces, Paris appelant à la désescalade.  "La France est prête à mettre tous ses bons offices disponibles pour que nous puissions trouver une solution pacifiée parce que le risque existe", a souligné le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, à l'issue du conseil des ministres.

Pas de sur-réaction des marchés

L'île de Guam abrite une base militaire américaine comptant un escadron de sous-marins, une base aérienne et un groupe de garde-côtes. Des bombardiers US y ont décollé ces derniers mois pour un survol de la péninsule coréenne, sans réussir à impressionner Pyongyang qui multiplie les tirs de missiles balistiques et affirme être en mesure de frapper le territoire américain à tout moment.

En réaction à ces tirs le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, susceptibles de réduire d'un milliard de dollars les exportations annuelles du pays. Depuis 2006, l'ONU a imposé six trains de sanctions à Pyongyang mais rien ne semble faire dévier le leader nord-coréen Kim Jong-un, dont l'objectif est de disposer d'une force de frappe nucléaire capable d'atteindre les Etats-Unis. Pour l'heure, rien n'indique que la Corée du Nord dispose d'une telle technologie mais elle aurait réalisé des progrès importants ces derniers mois, notamment dans la miniaturisation des ogives nucléaires, selon un rapport des services de renseignement américains dévoilé mardi par le Washington Post.

"Tout le monde sait qu'un conflit entre les deux pays serait désastreux, mais franchement, si le marché s'attendait à ce qu'un véritable conflit ait lieu, (les indices) baisseraient plus", a relativisé Patrick O'Hare de Briefing dans une note. "La situation nord-coréenne est une excuse pour un repli qui était en gestation", a-t-il ajouté.