Les prix des métaux de base échangés sur le London Metal Exchange (LME) ont fortement augmenté ces dernières semaines, profitant d'un dollar faible et d'un regain d'intérêt des investisseurs spéculatifs. Le zinc, notamment, a grimpé à son plus haut en près de 10 ans à 3 147 dollars la tonne, tandis que l'aluminium a atteint 2 112 dollars la tonne, à son plus haut depuis mai 2014.

Cette hausse est liée à des facteurs conjoncturels, notamment à des perturbations dans certains pays producteurs (Chili, Indonésie, Pérou), ainsi qu'à la faiblesse du dollar qui permet aux investisseurs utilisant d'autres devises d'effectuer des achats de métaux à bon compte (le billet vert servant de monnaie de référence aux cours des métaux sur les marchés).

"Il ne faut pas automatiquement estimer que nous sommes de retour dans un marché de hausse des prix sur le long terme" soulignent les analystes de Barclays. "La hausse des prix a été tirée par des investisseurs qui avaient parié sur une baisse des cours et qui ont dû mettre un terme à leur position", abondent leurs homologues d'UniCredit.

Néanmoins les cours des matières premières industrielles sont portés depuis le début de l'année par l'amélioration des prévisions de croissance mondiale, et notamment par une demande soutenue en Chine, principal consommateur. Dans l’édition d’avril de ses perspectives des marchés de matières premières (Commodity Markets Outlook), la Banque mondiale tablait ainsi sur une progression de 16 % en moyenne des cours des métaux industriels en 2017, après des hausses comprises entre 14% à 60%, selon les métaux, en 2016. A contrario, les métaux précieux (or, argent, platine) devraient céder 1% cette année et à nouveau 1 % en 2018 en raison de la remontée des taux d'intérêt et d'un moindre intérêt pour les "valeurs refuges". Quant au pétrole, qui avait fortement rebondi après l'élection de Donald Trump avant de repasser sous les 50 dollars début juin, il devrait se raffermir autour de 60 dollars en 2018, selon la Banque.