"We should be ready in October". La phrase lâchée par Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion de la BCE ce jeudi trahit l'impatience des marchés. C'est donc fin octobre, lors de sa prochaine réunion, que la Banque centrale européenne (BCE) devrait décider du calibrage de son plan de rachat d'actifs pour l'an prochain. "Le gros des décisions sera probablement pris en octobre, sauf si un risque inconnu aujourd'hui se matérialise", a indiqué Draghi, précisant qu'il n'avait eu que des discussions "très préliminaires" à ce sujet avec les autres membres du conseil des gouverneurs.

Cette date du 26 octobre était très attendue, tant les spéculations se concentraient ces dernières semaines sur la question de savoir si la BCE repousserait jusqu’en décembre l’heure de trancher sur l’avenir de son vaste programme de rachats de dette privée et publique, baptisé «QE». Les marchés s'attendent à ce que la BCE réduise l'an prochain le montant de ses achats mensuels, aujourd'hui fixés à 60 milliards d'euros, une première étape avant l'arrêt pur et simple du QE. Mais les taux directeur resteront bas "encore longtemps après la fin de notre programme de rachat d'actifs", a précisé M. Draghi.

Ses propos ont porté l'euro à plus de 1,20 dollar jeudi alors que la monnaie unique avait reculé auparavant suite à l'abaissement des prévisions d'inflation de la BCE.
"Il y a un manque de satisfaction certain et général vis-à-vis de l'inflation", a commenté le président qui s'est également inquiété de la volatilité enregistrée sur les taux de change, "source d'incertitude". Cependant, Mario Draghi a réaffirmé sa "confiance" dans sa politique monétaire et salué la croissance "robuste et généralisée" de l'économie européenne qui, à terme, devrait déboucher sur une inflation plus conforme à son mandat.

Les bourses européennes n'ont pas marqué de grosse réaction à ces propos, le CAC40 conservant une légère avance de 0,5% en milieu d'après-midi.