Le gouvernement de Madrid a appelé vendredi à de nouvelles élections régionales en Catalogne, où les séparatistes menacent de déclarer l'indépendance suite au résultat du référendum de dimanche dernier. "Il serait bon de commencer à refermer la plaie en passant par le Parlement de Catalogne (…) par le biais d'élections régionales", a déclaré Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse organisée à l'issue du conseil des ministres.

Les dernières élections en Catalogne remontent à 2015 et ont porté au pouvoir les indépendantistes. Ces derniers avaient alors estimé qu'il s'agissait d'un vote en faveur du processus d'indépendance, ce qui a abouti à l'organisation du referendum d'autodétermination de dimanche dernier. Madrid refuse toujours de reconnaître ce processus, au nom de l'unité de l'Etat espagnol et de l'ensemble des autres pays européens, et M. Mendez n'a pas précisé sur quoi devaient déboucher ces nouvelles élections.

Les banques sous pression

Le président du parlement catalan, Carles Puigdemont n'avait pas officiellement réagi à cette proposition vendredi en fin d'après-midi. Censé s'exprimer lundi devant le parlement régional, il a reporté son discours à mardi et semble vouloir privilégier une solution négociée avec Madrid à une déclaration unilatérale d'indépendance. Pas sûr cependant qu'il accepte l'organisation de nouvelles élections, qui risqueraient de raviver les dissensions au sein de son propre camp.

Les investisseurs, eux, continuent à s'inquiéter des conséquences d'une déclaration d'indépendance et de la sortie éventuelle de la Catalogne de l'Union européenne. Jeudi la banque Banco Sabadell a annoncé le déménagement de son siège de Barcelone à Alicante, après une chute de plus de 6% de son action cette semaine. Elle pourrait être suivie par la principale banque de la région CaixaBankdont le conseil d'administration devait se réunir vendredi. De son côté le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que "les tensions et l'incertitude" en Catalogne pourraient "peser sur la confiance et les décisions d'investissement" en Espagne.