S'ils aiment se faire peur en ce mois d'octobre associé à deux krach mémorables (1929, 1987), les marchés américains gardent leur sang froid. Après avoir clôturé juste en-dessous du seuil de 23 000 points mardi, le Dow Jones l'a franchi dès l'ouverture mercredi, se hissant même au-dessus des 23 100 points dans les premiers échanges (+0,5%).

"Le réflexe d'achat se poursuit ce matin grâce à IBM qui a fait état de résultats meilleurs qu'attendu au troisième trimestre", selon Patrick O'Hare de Briefing. Le groupe informatique américain progresse de 7,8% à 157,94 dollars après avoir annoncé un chiffre d'affaires et un bénéfice trimestriels dépassant les attentes, en grande partie grâce aux activités de "cloud".

D'autres résultats sont attendus après la clôture, notamment ceux d'Alcoa, American Express et United Continental. Les investisseurs seront également attentifs à la publication à 18h GMT du Livre beige de la Fed qui dresse les perspectives de l'économie des Etats-Unis toutes les 6 à 8 semaines.

Si la Réserve fédérale a bien préparé les marchés à une hausse des taux directeurs en décembre, les investisseurs s'interrogent sur le rythme du resserrement monétaire en 2018 et sur l'identité de celui ou celle qui sera chargé de le mettre en œuvre. L'actuelle présidente de la Fed, Janet Yellen, dont le mandat expire en février, doit rencontrer Donald Trump jeudi. Mais ce dernier a indiqué avoir quatre autres candidats en tête pour le poste et devrait faire connaître son choix début novembre.

Alors que Wall Street enregistre son onzième mois de hausse consécutive et que la volatilité sur les marchés est proche de son plus faible niveau historique, de nombreux analystes font le parallèle avec la situation qui a précédé le krach du 19 octobre 1987, il y a trente ans jour pour jour. A l'époque "la Réserve fédérale commençait à réduire son soutien à l'économie, la croissance américaine durait depuis un moment déjà et les investisseurs s'inquiétaient des valorisations excessives", souligne David Lafferty, stratégiste en chef de Natixis Global AM. "Même si nous ne tablons pas sur une répétition de l'histoire, force est de reconnaître que les "cygnes noirs" ne préviennent pas", ajoute-t-il.

Cependant les craintes d'une remontée brutale des taux d'intérêt comme en 1987 sont moins fortes aujourd'hui qu'en début d'année, avec un rendement des bons du Trésor à 10 ans de 2,3% contre 2,6% à la mi-mars. Les investisseurs tablent toujours sur une remontée très progressive des taux de la Fed dans un contexte d'incertitudes sur la politique fiscale de Donald Trump.