Regain de tensions sur les marchés européens. Vers 15h jeudi, l'Euro Stoxx 50 cède 0,9% avec la plupart des places du Vieux Continent dans le rouge. Le recul est contenu à Paris, où l'indice CAC 40 cède 0,6%, mais la bourse de Milan lâche 1,3%, celle de Francfort 0,9% et Madrid 0,8%.

Signe d'une plus grande nervosité des investisseurs, l'indice de la volatilité Stoxx Volatility enregistre un bond de 17%. Il reste cependant loin de son plus haut annuel atteint à la mi-août.

Comme il l'avait laissé entendre ces derniers jours, le gouvernement espagnol s'apprête à suspendre l'autonomie politique de la Catalogne. Un conseil des ministres extraordinaire a été convoqué samedi afin d'actionner l'article 155 de la Constitution, ont annoncé les services du chef du gouvernement, Mariano Rajoy.
De son côté, le leader catalan Carles Puigdemont, qui avait "suspendu" la déclaration d'indépendance au lendemain du referendum du 1er octobre, a indiqué que cette déclaration pourrait avoir lieu prochainement face au refus de Madrid d'entamer des négociations et à la "répression" exercée sur la région.

Cette crise intervient alors que les chefs d'Etats et de gouvernements européens se réunissent jeudi et vendredi à Bruxelles pour un sommet initialement consacré au Brexit. Dès leur arrivée Emmanuel Macron et Angela Merkel ont affirmé leur soutien à leur homologue Mariano Rajoy. "Nous soutenons la position du gouvernement espagnol (...) Nous espérons aussi que des solutions pourront être trouvées sur la base de la Constitution espagnole", a déclaré la chancelière allemande. Quant au président français, il a indiqué que les dirigeants européens enverraient lors de ce sommet un "message d’unité autour de l’Espagne".

Ces soutiens, les plus clairs à ce jour en faveur du gouvernement espagnol, pourraient atténuer les craintes de nouvelles turbulences dans la zone euro. Sur le marché des changes, l'euro s'appréciait à 1,1855 dollar jeudi après-midi contre 1,1790 dollar la veille. Le projet de suspension d'autonomie ne sera abordé par le gouvernement espagnol que samedi, ce qui veut dire que la situation est encore une fois ajournée, a commenté Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.