Le bitcoin ne représente pas aujourd’hui une menace pour la stabilité du système financier, a estimé lundi Benoît Coeuré, l’un des membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. "Si quelqu'un achète du bitcoin et perd son argent, à la limite c'est son problème", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec des journalistes à Paris pour présenter la quatrième édition d'un ouvrage collectif sur la politique économique.

"La question est : quel est le dommage qu'il inflige à la société ou est-ce que ça peut créer un phénomène de contagion, de panique ? C'est ce qu'on a vu en 2009-2009 avec les subprimes" (…) "On peut penser quand même que ce risque est beaucoup moins présent avec le bitcoin, qui est un actif financier dont la valeur totale est beaucoup plus réduite et qui est beaucoup moins présent sur les bilans des banques", a-t-il ajouté.

La valeur du bitcoin a plus que triplé depuis le début du mois d'octobre et la monnaie virtuelle est en passe de réaliser son meilleur trimestre depuis la fin 2013, lorsqu'elle a dépassé les 1000 dollars pour la première fois. Elle s'échangeait lundi sur une plate-forme autour de 16500 dollars.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, et l'Autorité des marchés financiers (AMF) ont alerté récemment sur les risques que courent ceux qui achètent cet actif purement "spéculatif" selon eux et dont le cours a connu par le passé une très grande volatilité.

Cependant, l‘autorité de régulation des marchés dérivés aux Etats-Unis, la Commodity Futures Trading Commission, a autorisé le 1er décembre le lancement par deux opérateurs boursiers américains (CME Group et CBOE Global Markets) de contrats à terme sur le bitcoin. Ce lancement de produits dérivés du bitcoin sur des marchés réglementés va encourager la diffusion de la monnaie virtuelle au sein du système financier, à l’image des dérivés de crédit qui ont débouché sur la crise des subprimes.