Ca y est, Donald Trump tient sa première grande réforme. Dans la nuit de mardi à mercredi le Sénat américain a adopté le texte de refonte de la fiscalité et de baisse des impôts par 51 voix contre 48. Tous les républicains présents ont voté oui, tandis que l'opposition démocrate s'est unanimement opposée. Le texte doit repasser mercredi devant la Chambre des représentants pour un ultime vote technique.

Donald Trump s'est félicité de ce "cadeau de Noël" offert aux Américains et qui concrétise l'une des principales promesses de sa campagne. "La Bourse et l’économie continueront à monter une fois que la loi sur la baisse des impôts sera complètement comprise dans son ampleur et sa taille", a-t-il réagi sur Twitter. "Profitez-en et créez plein de beaux emplois !"

Mais pour les démocrates il s'agit surtout d'un cadeau aux plus riches. Plusieurs mesures semblent effectivement taillées pour les ménages les plus aisés, comme l'abaissement de la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu à 37% contre 39,6% précédemment, le relèvement du seuil de la taxe minimum sur les revenus à 1 million, ou encore l'exonération de droits de succession jusqu'à à 22 millions de dollars pour un couple. Mais la réforme comprend aussi des mesures visant les "classes moyennes" comme le doublement de l'abattement pour chaque enfant à 2000 dollars ou encore le doublement du plafond de déductions d'impôt à 24 000 dollars.

Une réforme largement anticipée par le marchés

Du côté des entreprises le texte prévoit une baisse drastique du taux d'imposition dès le 1er janvier 2018, ce dernier passant de 35% à 21%. Par ailleurs les réserves en liquide des multinationales américaines à l’étranger, aujourd'hui estimées à 2 600 milliards de dollars, seront taxées une fois pour toutes à hauteur de 15,5% (contre 12% dans la version initiale soumise au Congrès). Le gouvernement espère ainsi faire rentrer quelque 225 milliards de recettes dans les caisses de l'Etat d'ici à 2027, et compte sur les entreprises pour investir le reste dans l'économie américaine.

Pour les économistes de LBPAM ce paquet fiscal va effectivement doper la croissance américaine à court terme. "On s’attendait à un effet 'stimulant' sur la croissance d’au mieux 0,3 point de PIB (en 2018, ndlr). Il pourrait atteindre 1 point", écrivent-ils dans une note diffusée lundi. Cependant deux éléments militent en faveur d’une réaction mesurée des marchés, ajoutent-ils. "D’abord, la phase haussière en cours de l’économie américaine dure depuis 2009. Elle commence à être un peu ancienne. Même s’il ne faut pas attendre une fin proche, l’enthousiasme tiré de l’impression d’être capable de « voir loin » devrait être limité. Ensuite, il n’échappe à personne que ce programme de réduction de la pression fiscale est « gagé » sur plus de déficit et plus de dette. Une impression de dégradation à venir de l’environnement macroéconomique général peut freiner les ardeurs à aujourd’hui."

Si la hausse du Dow Jones de 25% depuis le début de l'année s'est largement appuyée sur les espoirs suscités par ce texte, le potentiel semble désormais limité, quoiqu'en dise Donald Trump. Wall Street a d'ailleurs ouvert sur une note indécise mercredi après le vote du Sénat, le Dow Jones gagnant 0,1% dans les premiers échanges tandis que le Nasdaq cède 0,2%. Sur le marché des changes, le billet vert recule à 1,19 dollar pour un euro contre 1,1840 la veille.