Mais l’effet de second rang est de plus en plus visible. Plus de volatilité ce sont des actions plus risquées et donc moins attractives. Deux exemples de réallocation de portefeuille :

• Le risk parity. C’est une stratégie, initialement développée par Bridgewater, où les différentes classes d’actifs sont pondérées en fonction de leur volatilité. Très à la mode, le volume géré a explosé avec beaucoup de fonds lancés sur cette logique. La hausse de la volatilité des actions implique que ces fonds doivent réduire automatiquement le poids des actions. Les diverses estimations donnent une fourchette de 50 à 200 milliards de dollars de ventes d’actions.
• Les fonds actions aux Etats-Unis ont collecté 33,2 milliards de dollars en une semaine au milieu de janvier (lorsque le S&P a touché un plus haut). De très loin un record historique. Sur la semaine qui s’achève le mercredi 7 février, ils ont perdu 30,6 milliards. Ce n’est pas un record, mais presque.
Bref, les effets de second rang sont bien là. Il ne faut pas s’attendre à une reprise en V des marchés.

Réactions des banques centrales : le « Greenspan put » a-t-il disparu ?

Jeudi la Banque d’Angleterre a durci son message et la Banque centrale du Mexique a monté ses taux directeurs. Bill Dudley, le président de la Fed de New York, et Jens Weidmann, le gouverneur de la Buba, nous ont dit que la correction était technique et que les fondamentaux tenaient très bien.
La bonne nouvelle c’est que toutes ces banques centrales partagent notre analyse : la correction est technique, les fondamentaux restent encourageants.
La mauvaise nouvelle c’est que le « Greenspan put » (l’idée que si les marchés baissent les banques centrales viendront à la rescousse), semble avoir disparu.

Bref, le vieux dicton « les marchés cessent d’avoir peur quand les banques centrales commencent à avoir peur » pourrait se vérifier. Pour l’instant il ne faut attendre aucune aide de ce coté-là.

Etats-Unis : nano-« shut-down » et mega-déficit 


Finalement, l’arrêt de l’administration, le « shut-down », n’aura duré que quelques heures vendredi. Beaucoup plus important, l’accord sur le budget ajoute 300 milliards de dépenses, portant le déficit prévisionnel à 1 200 milliards en 2019, soit près de 6% du PIB !
A court terme c’est bien sûr positif pour l’économie et il faut s’attendre à plus de révisions à la hausse pour la croissance.

A moyen terme, et sans vouloir jouer les rabat-joie, c’est très préoccupant. Ce sont les peurs inflationnistes qui ont fait dévisser les marchés fin janvier, et des pressions sur les taux devraient continuer alors que le marché semble de plus en plus fébrile. Ce budget accélère le cycle et donc les questions de fin de cycle apparaissent. Enfin, les marges de manœuvres budgétaires en cas de récession sont considérablement plus limitées.

Un environnement très préoccupant et bien plus risqué donc.