Du côté de la géopolitique, deux rendez-vous sont à suivre de près : la visite d’Etat du Président Macron à Washington (d’aujourd’hui à mercredi), suivie de la venue de la Chancelière Merkel (le 27 avril) à la Maison Blanche. Le dossier iranien sera au cœur des discussions. Les dirigeants européens vont-ils réussir à convaincre le Président Trump à ne pas sortir de l’accord sur le nucléaire iranien ? Remarquons que la semaine dernière l’Allemagne et la France n’ont pas réussi à convaincre leurs partenaires de l’UE à durcir le ton pour ce qui est des capacités balistiques de Téhéran. Ce qui était pourtant un moyen de convaincre le leader américain de ne rien changer de la position américaine. En termes de perception du risque géopolitique, la conclusion de ces discussions est clé. En sachant cependant qu’il faudra attendre le 12 mai prochain pour connaître la décision de la Maison Blanche.

Du côté de la politique commerciale des Etats-Unis, les points d’étape importants sont aujourd’hui et le 1er mai. Aujourd’hui, avec les auditions des parties qui ont des remarques à formuler au ministère du commerce extérieur sur les décisions en matière d’augmentation de 25% des droits de douane sur un certain nombre de produits chinois. Quelles remarques de la part des entreprises américaines concernées et quelles réactions de la Maison Blanche ? C’est le 1er mai que se termine normalement la période d’exemption de l’alourdissement des taxes à l’importation d’acier et d’aluminium pour les pays concernés (dont ceux de l’UE et la Corée du Sud). Que décidera le gouvernement américain ?

L’intérêt des marchés va aussi se porter au cours des prochains jours sur le profil de la croissance économique. Avec une double question : l’ampleur du ralentissement au cours du premier trimestre de l’année et le profil à attendre à partir du mois d’avril. Le PIB américain de T1 sera publié vendredi. Sa croissance en rythme annuel et par rapport à la période précédente ressortirait à 2% selon le consensus Bloomberg. C’est moins qu’en T4 (+2,9%) ; mais les économistes de marché s’attendent à retour vers un rythme autour de 3% dès T2. Ce rythme se maintiendrait jusqu’à la fin de l’année. Bref, l’économie américaine aurait une fois encore enregistrée une « petite faiblesse d’hiver », sans que cela ne remette en cause un profil tendanciel toujours satisfaisant. En Zone Euro, ce n’est que le 2 mai que le chiffre du PIB de T1 sera publié. Il devrait marquer le pas : après trois trimestres consécutifs avec une progression de 0,7% (T sur T et en rythme instantané), l’avance attendue ne serait que de 0,5%. Remarquons au passage que la performance serait alors similaire à celle des Etats-Unis. Les comptes nationaux français et espagnols sortiront vendredi prochain. Les premiers confirmeraient les anticipations pour l’ensemble de la Zone Euro (+0,5% après +0,7%), mais pas les seconds (+0,7%, inchangé par rapport à T4 2017). Quid du profil de la croissance européenne au cours du printemps et au-delà ? Il n’y a pas de ce côté-ci de l’Atlantique de vaste plan de relance budgétaire. A ce titre, la trajectoire est moins bien balisée. D’où l’attention portée aux indicateurs conjoncturels. Les indices PMI préliminaires d’avril sortent aujourd’hui pour l’Allemagne, la France et la Zone Euro. Le marché fait le pari d’un rebond après le repli des mois précédents. Il est important que celui-ci soit atteint ; pour confirmer le diagnostic d’une croissance européenne, certes un peu en-deçà des performances élevées des trimestres passés, mais toujours satisfaisantes et supérieures au rythme potentiel.

Finissons le tour des « grands » rendez-vous de la semaine qui débute par la réunion, jeudi, du Conseil des gouverneurs de la BCE. Aucune modification, en action ou en annonce, du réglage monétaire n’est attendue. Ce n’est sans doute qu’en juin que la décision concernant l’arrêt du QE en fin d’année serait faite. Il faudra cependant suivre de près la conférence de presse de Mario Draghi. Un certain nombre de membres du Conseil ont paru plus prudents sur la période récente. Quel sens faut-il donner ?

 Hervé Goulletquer, Stratégiste chez La Banque Postale AM