La sortie des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien fait entrer le monde dans une période nouvelle : une période où le baril dépasse désormais 70$ (WTI), une période où les taux 10 ans américains sont durablement installés proche du niveau de 3%, une période où le dollar a pris à revers bon nombre de cambistes en se renforçant notamment contre l’euro.

Les Etats-Unis confirment leur leadership et leur capacité à peser dans tous les domaines (ALENA, accords commerciaux Union Européenne-Etats Unis, tarifs douaniers avec la Chine, apaisement des tensions entre les deux Corées). Leurs décisions comportent des impacts matériels non négligeables. Le fabricant chinois de mobiles ZTE a arrêté sa fabrication de smartphones faute de puces et de composants devenus indisponibles. Autre exemple : à la suite du retrait américain de l'accord nucléaire, le rial iranien a vu son taux de change contre dollar (sur le marché parallèle) frôler les 50 000 (X 5 depuis le début des sanctions en 2012).

Cependant, les marchés, bien préparés à la rhétorique de Donald Trump (déjà présente dans ses discours de campagne), n’ont pas réagi négativement malgré les inévitables incertitudes que cette décision provoque. En Europe, le processus d’intégration ne progresse plus. L’Italie cherche toujours à former un gouvernement possiblement avec des partis dont la philosophie demeure très éloignée (voire diamétralement opposée?) du projet européen. La France se réforme dans un climat social pour l’instant maîtrisé malgré des grèves coûteuses et importantes dans le secteur des transports (Air France-KLM et SNCF).

L’Allemagne ne semble pas pour l’instant bouger d'un iota de ses principes rigoristes budgétaires. L’ambiance générale y apparaît donc ambigüe car dans une économie en croissance avec quelques signaux positifs de momentum de révision en hausse des bénéfices des entreprises, le Vieux Continent pourrait accélérer sa transformation.

Les dernières semaines ont vu des rotations sectorielles importantes s’opérer. Des secteurs peu appréciés ces dernières années ont rebondi (Utilities, Telecom) alors que d’autres ont fléchi (Automobile, Banques). Le pétrole, lui, fait son grand retour dans les allocations des gérants tant la situation du prix du baril recrédibilise certains projets d'exploration et alimente la machine à cash que les majors les plus vertueuses en matière de gestion des coûts (Total par exemple) ont fabriqué pendant les années de vache maigre.

 Source : Igor de Maack, gérant et porte parole de la gestion