Les marchés actions ont décroché hier après-midi, suite à son annonce par la Maison Blanche de l’annulation de la rencontre le 12 juin prochain entre les présidents américain et nord-coréen. Et le risque géopolitique d’être révisé à la hausse, avec une lettre de Donald Trump soufflant le chaud (« si vous changez d’avis concernant cet important sommet, n’hésitez pas à m’appeler ou à m’écrire ») et le froid (« vous évoquez vos capacités nucléaires, mais les nôtres sont si massives et puissantes que je prie le ciel qu’elles ne soient jamais utilisées ») En fait le « ton avait monté » entre les deux pays depuis que John Bolton avait évoqué un désarmement nucléaire unilatéral de la Corée du Nord, « à la libyenne ». La perspective n’est pas acceptable par le régime de Pyongyang, qui entend discuter d’un projet de dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Voilà pour la géopolitique. Un autre point d’importance est les implications de cet arrêt (durable ?) dans le processus de dialogue entre Corée du Nord et Etats-Unis en matière de relations sino-américaines. Au moins pour un temps, les Etats-Unis n’ont pas besoin du soutien de Pékin pour obtenir des concessions de la part de Kim Jong-un. Avec quelles implications sur les relations commerciales entre les deux pays ? La trêve annoncée en début de semaine par le secrétaire au Trésor américain paraissait fragile, dans la mesure où les engagements étaient à la fois vagues et ne concernaient qu’un nombre limité de secteurs (avant tout l’énergie et l’agriculture). Le risque est bien que les tenants, au sein du Cabinet américain, de la ligne dure avec la Chine « donnent de la voix » dans les prochaines semaines.