Le mois de mai a été marqué par une résurgence de l’incertitude. Sur le plan macro-économique, des statistiques décevantes font craindre un possible essoufflement du cycle, tandis que sur le plan politique, l’annonce d’un gouvernement populiste en Italie questionne à nouveau la construction européenne. Par ailleurs, les décisions américaines sur l’Iran et les tarifs douaniers pourraient peser sur les échanges mondiaux.

Sur les marchés européens, les tendances observées depuis plusieurs semaines se sont largement infléchies. Les taux à 10 ans allemands baissent fortement tandis que ceux des pays périphériques se tendent, notamment en Italie où les taux courts remontent également violemment. Les marchés d’actions reculent partout à l’exception du Royaume-Uni et le dollar, porté par son statut de valeur refuge, progresse fortement, retrouvant ainsi les niveaux du mois d’octobre.

Sur le mois, le DJ Eurostoxx dividendes réinvestis abandonne 1,5% tandis que le Msci Europe reste presque inchangé avec une variation de 0,11% grâce à la bonne performance du marché anglais, fortement exposé aux matières premières toujours bien orientées. Plus généralement, au niveau sectoriel cette baisse d’appétit pour le risque se traduit par une forte baisse des valeurs financières, et de manière plus surprenante dans cet environnement, des valeurs de télécommunication pénalisées par un contexte concurrentiel qui semble à nouveau intense. A l’inverse, les valeurs de la santé et de la consommation durable retrouvent leur statut défensif et progressent tout comme celles de la technologie, qui de plus en plus semblent portées par des tendances séculaires.

Au cours des prochaines semaines, les premières mesures du nouveau gouvernement italien et surtout leur accueil par la Commission Européenne devraient rester au centre de l’attention des investisseurs. En fin de mois, le sommet européen pourrait réserver quelques surprises, tant l’attitude du gouvernement américain pourrait faire prendre conscience aux dirigeants européens qu’il est urgent de revoir la gouvernance et d’avancer en direction d’une plus grande intégration afin de pouvoir peser sur la scène mondiale.

A ce stade, les perspectives économiques restent encore favorables à une évolution positive des marchés actions européens, d’autant que les valorisations sont revenues à des niveaux plus attrayants et que l’euro est revenu sur des niveaux plus favorables.

Nous continuons d’être sélectifs dans notre choix de valeurs et privilégions les sociétés qui, selon nous, offrent un réel potentiel de croissance du chiffre d’affaires et/ou des marges, et qui devraient ainsi être en mesure de générer des résultats et des dividendes dans la durée.