Point de marché : pas de bulle spéculative d’après l’indicateur Sotheby’s

Il existe une abondante littérature sur la rentabilité d’un placement en œuvre d’art. La conclusion en deux temps :

Faible rentabilité : on parle toujours des prix faramineux des grands maîtres, mais en moyenne la rentabilité des œuvres d’art est faible.
Forte corrélation avec la bourse : lorsque les actifs financiers sont chers, l’effet richesse est important, le prix des œuvres d’art suit. L’art n’offre donc aucune diversification dans un portefeuille financier.

Bref : achetez de l’art pour vous faire plaisir, pas pour faire de l’argent !

Si les cours des œuvres d’art sont liés donc à l’effet richesse, c’est aussi le cas pour les maisons de ventes aux enchères. D’où l’idée du « Sotheby’s Index », qui est simplement le cours de l’action Sotheby’s à la bourse de New-York, et qui a effectivement pointé les trois dernières bulles majeures.

L’action est revenue à son plus haut historique la semaine dernière, à 59 USD l’action, mais reste bien en-deçà de la tendance des bulles précédentes. Il faudrait toucher plus de 70 USD pour être en zone dangereuse.
Pas de bulle spéculative donc d’après cet indicateur.



Crise italienne, le financement du secteur bancaire pose problème
Une différence fondamentale entre la crise souveraine de 2011 et la mini-crise que nous venons de vivre sur l’Italie est que le marché monétaire interbancaire n’a montré absolument aucun signe de stress : les symptômes habituels, « OIS spreads » et autres « basis swap » n’ont pas bougé.

La réalité est probablement plus complexe : la position Target 2 de la Banque d’Italie s’est détériorée de 39 milliards sur le mois de mai, on n’avait pas vu ça depuis la crise de 2011.

Target 2, pour essayer de faire simple, est le niveau de financement du système bancaire domestique qui n’est pas assuré par le marché. Dans ce cas la Banque d’Italie doit combler ce manque de financement en empruntant aux autres banques centrales de la Zone Euro.

Une détérioration aussi marquée de la position Target 2 de la Banque d’Italie signifie donc que le marché a réduit considérablement son financement octroyé aux banques italiennes.

Psychodrame au G7

Donald Trump a dénoncé, en des termes très peu diplomatiques, l’accord signé qui soulignait l’importance du respect des règles internationales régissant le commerce. Il a aussi parlé d’augmenter les tarifs à l’importation sur les produits canadiens, ainsi que d’augmenter les tarifs sur les importations de voitures aux Etats-Unis. Il faut rappeler qu’en 2017 les Etats-Unis ont eu une balance commerciale en surplus avec le Canda de 8,4 milliards de dollars !
La guerre commerciale, vite oubliée par les marchés, n’est peut-être pas aussi éloignée que nous le pensions.
Le mot de la fin pour Anthony Gardner, l’ex ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’UE « Toutes nos excuses à nos chers amis canadiens pour les commentaires extraordinaires de la Maison Blanche. Lorsque j’étais confronté à de tels comportements à la table de négociation je me levais tout simplement et quittais la salle »

Etats-Unis, le marché de l’emploi est proche de la surchauffe
Intéressant argument de la Fed de St Louis ce week-end sur le marché de l’emploi. Tout est résumé sur ce graphique : il y a plus d’offres d’emploi aux Etats-Unis que d’embauches, et la différence entre les deux est au plus haut historique.

Le pouvoir de négociation est donc en train de passer de l’employeur vers l’employé. Les timides signes d’accélération de l’inflation pourraient donc s’accélérer.