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Le cinéma indépendant compte sur les Sofica

Le cinéma indépendant compte sur les Sofica

(Easybourse.com) Sorti cette semaine en salles, «Serge Gainsbourg», réalisé par Joann Sfar, a bénéficié d’un financement de Sofica (société pour le financement de l'industrie cinématographie et audiovisuelle). Alors que la période de souscription aux Sofica s’est achevée fin décembre, ces dernières vont sélectionner en 2010 une petite centaine d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles pour les financer. Malgré une période de ralentissement économique, la demande de souscription n’a pas faibli, et les Sofica pourraient renforcer leur rôle dans le financement du cinéma de langue française.

Lire aussi l'interview d'Olivier Guillemot et Laurent Vennier, du CNC

Les Beaux Gosses (Riad Sattouf), Coco avant Channel (Anne Fontaine), ou encore Adieu Gary Cooper (Nassim Amaouche), sont autant de films qui ont fait l’objet d’un investissement des Sofica en 2008.

En cette période de difficultés économiques, «on attend encore plus des Sofica qui peuvent boucher un trou dans le financement d’un film, peut-être plus qu’à une époque où on avait facilement des partenaires sur un film», note Laurent Vennier, responsable du service des financements au CNC (Centre national de la cinématographie).

Dans ce contexte, le fait que les Sofica continuent d’investir dans le cinéma, alors que d’autres partenaires telles que les chaînes hertziennes peuvent être moins présents, accentue le rôle des Sofica dans le financement des productions indépendantes, explique Laurent Vennier.

Avantage d’une souscription à une Sofica

Outre le contexte économique, la campagne 2009-2010 des Sofica «est une bonne année test» car c’est la première année avec un plafonnement des niches fiscales, comme l’investissement dans les Sofica ou certains investissements dans les DOM-TOM. Le total des réductions de l’impôt sur le revenu est désormais plafonné à 25 000 euros +10% du revenu imposable par foyer fiscal.

En effet, l’avantage majeur d’une souscription dans une Sofica reste l’avantage fiscal. Chaque année, les Sofica présentent un dossier d’agrément auprès du CNC et du ministère du Budget. Puis, les Sofica agréées proposent aux particuliers de souscrire à des investissements bloqués pendant une durée minimum de 5 ans.

En principe, le montant de cette réduction d’impôt est égal à 40% du montant versé au titre de la souscription, retenu dans la double limite annuelle de 25% du Revenu Net Global (RNG) et de 18 000 euros par foyer fiscal. Le taux de la réduction d’impôt peut toutefois être de 48% lorsque la Sofica s’engage à réaliser au moins 10% de ses investissements dans des sociétés de production avant le 31 décembre de l’année qui suit celle de la souscription. (Consulter aussi notre fiche sur «La Fiscalité des Sofica»)

«C’est aussi un investissement qui attire les gens parce que le cinéma est un secteur assez dynamique. Cependant, cela reste un produit qui n’est pas garanti donc il y a un risque pour l’investisseur, mais ce risque est modéré par l’avantage fiscal», rappelle Olivier Guillemot, directeur adjoint chargé du budget et des financements au CNC.

Une fois la période de souscription close, les Sofica réunissent des comités (composés notamment de professionnels du secteur) afin de choisir les œuvres qu’elles vont financer. La Sofica peut aussi présenter un retour sur investissement plus ou moins intéressant selon que les films sélectionnés auront bien fonctionné ou pas, en salle comme sur les supports d’exploitation tels que le DVD ou la diffusion télévisuelle.

Financer des producteurs indépendants

Concernant la sélection des œuvres, l’un des points sur lesquels le CNC insiste dans la sélection des Sofica et dans la surveillance de leurs investissements est le critère de financement de producteurs indépendants, c’est-à-dire des «producteurs qui ne sont pas liés au capital de sociétés importantes disposant d’une forte puissance de marché», selon les termes d’Olivier Guillemot.

Ainsi, pour la campagne 2009-2010, le CNC a décidé de renforcer les critères d’engagements des Sofica à financer des productions indépendantes. Désormais, les Sofica devaient s’engager à proposer 50% minimum d’investissements sans garantie de rachat à un prix fixé à l’avance. «Nous attendons de ces mesures renforcées que les Sofica permettent d’assurer la diversité de la création et la vitalité de la production de cinéma et audiovisuelle française. Cette diversité est nécessaire sur un marché d’offres qu’est le cinéma, afin qu’il continue à y avoir des succès en salle», explique Olivier Guillemot.

Le bilan le plus récent, et disponible sur le site web du CNC, est celui de la campagne 2007-2008. Au cours de cette dernière, le montant total des investissements des Sofica dans la production cinématographique et audiovisuelle en 2008 s’est élevé à 56,8 millions d’euros. Cette somme s’est répartie pour 74% dans des oeuvres cinématographiques, pour 10% dans des oeuvres télévisuelles et pour 16% dans les fonds propres de sociétés de production participant au financement du développement.

Autant dire que les Sofica servent en majorité à financer des films, plutôt que de l’audiovisuel qui est «le parent pauvre des Sofica», note Laurent Vennier. Toutefois, certaines Sofica investissent dans l’audiovisuel. De plus, le CNC a intégré, en 2005, dans les critères d’engagements des Sofica des engagements à investir dans l’audiovisuel, rappelle Laurent Vennier.

Dans le financement du cinéma, les Sofica ont d’abord été mises en place pour aider au financement des films en langue française (films EOF, c’est-à-dire d’expression originale française). Néanmoins, dans une limite de 20% de leurs financements annuels, les Sofica peuvent investir dans les œuvres de coproduction réalisées dans la langue d'un pays coproducteur majoritaire de l'Union Européenne.

Renforcer le rôle de chaque Sofica

Pour renforcer le rôle des Sofica dans le financement du cinéma et de l’audiovisuel, «nous avons aussi resserré le nombre de Sofica, car il y a 2-3 ans, il y en avait encore 14 ou 15, tandis que cette année il n’y en a plus que 11. Nous nous sommes rendus compte qu’il fallait que les SOFICA aient une taille critique pour pouvoir ensuite financer des films avec des montants conséquents. Sinon, le risque c’était que les producteurs devaient multiplier les financeurs», explique Olivier Guillemot.

En 2009,  dans le cadre de la répartition de l’enveloppe totale de 63,07 millions d’euros, la plupart des Sofica ont reçu une enveloppe comprise entre 4 et 5 millions d’euros, la plus importante étant de 9,7 millions d’euros. Pour connaître les œuvres financées par les Sofica de 2009-2010, rendez-vous début 2011…

Claire Lavarenne

Lire aussi l'interview d'Olivier Guillemot et Laurent Vennier, du CNC


Publié le 21 Janvier 2010

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