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Obama, une débâcle annoncée en 2010, une réélection à prévoir en 2012 (suite et fin)

Obama, une débâcle annoncée en 2010, une réélection à prévoir en 2012 (suite et fin)

(Easybourse.com) Si le parti de Barack Obama est destiné à perdre les prochaines élections législatives, pour autant Obama lui même reste le favori en course pour remporter les présidentielles de 2012.

A lire aussi le premier papier : "Obama, une débâcle annoncée en 2010, une réélection à prévoir en 2012"

Frederick T. Davis, avocat américain aux barreaux de Paris et New York, membre du Conseil d'administration du French-American Foundation France, se dit «assez pessimiste pour ces élections de mi-mandat». Il est pratiquement certain que la Chambre des représentants qui contrôle le Trésor basculera à droite et les chances ne sont pas minces de voir le Sénat suivre la même trajectoire.

Le média RealClearPolitics table pour la chambre des représentants sur 207 députés républicains et 191 députés démocrates, avec 37 sièges en jeu. «Nous aurions besoin de 11 sièges seulement pour avoir la majorité» commente sereinement Stu Haugen.

Du coté du Sénat, le même média prévoit 51 représentants républicains et 49 pour les représentants démocrates. Cependant les écarts se creusent au fil du temps en faveur des républicains, notamment si nous considérons l'Etat du Connecticut, de Washington, de la Californie.

Aborder l'avenir des Etats-Unis avec une telle configuration politique n'est pas sans risque en déduit Jacques Mistral, conseiller du programme États-Unis au sein de l'Ifri. «La division entre la maison blanche et le Congrès n'est pas de nature à faciliter le rétablissement d'un pays confronté à des perspectives de déficit colossal, ou encore la résistance à celui-ci face à un renforcement des incertitudes sur le plan de la gouvernance mondiale, et à une intensification des tensions avec la Chine».

La conduite du grand paquebot s'avère a priori plus difficile mais le drame qui se profile à l'horizon est à relativiser. D'une part, il est à espérer qu'Obama saura tirer les leçons de cet échec. Par ailleurs, il convient d'attendre que les personnes qui déstabilisent le dialogue des deux cotés soient évincées pour recentrer le dialogue. «Nous sommes face à un dialogue de sourd à l'heure actuelle entre les parties qui donne lieu à une politique de l'immobilisme» signale Frederick T. Davis.

Pour autant, l'échec à prévoir pour ces prochaines élections est à relativiser. Il ne préjuge en rien de l'issue des élections présidentielles en 2012. «Toutes les élections législatives qui suivent une élection présidentielle sont difficiles à gagner pour le président au pouvoir. En 1992, nous avions eu l'élection de Bill Clinton et nous avions misé beaucoup d'espoir. Deux années plus tard les élections législatives qui se sont caractérisées par une victoire des républicains. Cela n'a pas empêché Bill Clinton d'être de nouveau élu en 1996» rassure l'avocat américain.

Obama reste favori pour les présidentielles de 2012. «Il n'y a pas de véritable challenger à l'heure actuelle. Le parti républicain n'a pas le leadership nécessaire» observe avec dépit Stu Haugen.

«Il reste un géant parmi les nains même s'il a baissé dans les sondages» assure Frederick T. Davis. «La part des noirs, des hispaniques, des asiatiques est de plus en plus importante dans la population. Ces nouveaux électeurs tendent vers Obama» ajoute ce dernier.

Et puis, il ne faut pas oublier à son actif de belles réussites. «Depuis les années 1930, tous les présidents au pouvoir ont tenté de procéder à la réforme de la santé, sans succès. On dit que 70% des américains se positionnent contre la réforme. Tout dépend de comment on pose la question. Les américains sont d'accord pour que les personnes âgées, les chômeurs bénéficient de soins médicaux, mais ils ne sont pas d'accord pour participer au financement de ces frais. Tout comme ils sont d'accord pour contribuer à réduire le réchauffement climatique mais ne sont pas prêts à payer plus cher leur carburant. Persuader les américains de modifier leurs habitudes de vie n'est pas une mince affaire, surtout dans un environnement économique dégradé», tel est le constat de le responsable de la French-American Foundation France.

La clé du succès d'Obama résiderait ainsi dans la communication. «Obama doit être capable de communiquer sur pourquoi et comment il faut changer les choses dans l'intérêt des américains». Il a encore deux ans pour rectifier le tir.

Imen Hazgui

Publié le 22 Octobre 2010