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Marché actions chinois recherche investisseurs désespérément

Marché actions chinois recherche investisseurs désespérément

(Easybourse.com) Chapeau du dossier

Interview de David  Gaud

Interview

David Gaud

Gérant

Edmond de Rothschild Asset Management

Interview de Xinghang  Li

Interview

Xinghang Li

Gérant actions chinoises

OFI Asset Management.


L’indice du marché de Shanghai, un des indices de référence du marché actions chinois local, a perdu plus de 19% depuis le début de l’année pour atteindre un niveau proche de celui observé en mars 2009 en plein marasme économique. Les experts semblent partagés sur l’évolution des actions chinoises dans les mois à venir.

Pour Michael Kurtz, stratégiste chez Nomura, les données économiques entre septembre et octobre devraient attester d’une amélioration suffisante de la situation économique pour déclencher un rebond du marché. Cette amélioration serait la conséquence, aux dires de l’opérateur, des mesures monétaires et budgétaires déjà prises par les autorités et dont les effets tardent à se faire sentir.

La faiblesse des résultats semestriels des entreprises chinoises plaident également en faveur d’un rebond des actions chinoises, estime Michael Kurtz.
Les profits des entreprises chinoises composant l’indice MSCI ont crû en moyenne de 2% entre janvier et juin, en glissement annuel (les institutions financières ayant représenté 58% des profits engrangés). A la même période, en 2011, ces profits avaient crû de 29% par rapport à 2010. Le stratégiste de Nomura veut croire que ces profits ont atteint un plus bas niveau et qu’ils ne pourront désormais que remonter.

Le stratégiste d’HSBC, Gary Evans partage cet avis «le risque d’une poursuite de la baisse des profits est à présent grandement limitée ». Le consensus des analystes table sur une croissance annuelle des profits de 5%. En cela, les entreprises chinoises devraient afficher une élévation des profits de 8% pour le seul deuxième trimestre.

Xinghang Li gérant sur la zone Asie chez OFI AM, et David Gaud, gérant sur la zone Asie au sein d’Edmond de Rothschild Asset Management se veulent également confiants. «La performance du marché actions chinois est présentement totalement décorrélée des fondamentaux de croissance. Dans une économie qui croit de 7-8% par an, avec 2% d’inflation, avec une baisse des coûts liés aux matières premières en perspective, avoir un marché qui ne créée pas de la valeur n’a pas de sens. 2003-2005, le marché avait baissé de 50% alors que la croissance était de 10%. En 2006, soudainement, le marché a progressé de 180%» soutient Xinghang Li.

Le gérant d’Edram, corrobore cette position. « Nous ne sommes pas dans une situation aussi critique qu’en 2008 où nous avons eu un arrêt de l’économie sur six mois. Si nous notons une certaine mise à mal de segments traditionnels d’industrie lourde, comme les chantiers navals, nous n’avons pas d’arrêt net de l’activité dans tous les pans de l’économie pour autant. Certaines régions chinoises devraient croitre de 12 à 15% cette année».
En cela, pour l’expert, les sorties massives ne sont pas justifiées. « Si nous ne pouvons pas espérer un retour sur investissement de 50%, 15%-20% en euros avec les dividendes semble être une performance raisonnablement atteignable».

Les banques Macquarie et Crédit Suisse s’inscrivent en contraste avec ces précédents points de vue. Toutes deux ont révisé à la baisse leur pronostics pour ce qui est de l’évolution des actions chinoises.
Macquarie s’est retractée par rapport à sa recommandation de « surpondération » sur les actions chinoises invoquant le fait que les chances de voir les autorités centrales se lancer dans un plan de relance massif pour contenir le ralentissement de la croissance apparaissent très minces.
Crédit Suisse a réduit de son côté son objectif de cours s’agissant de l’indice Hang Seng China Enterprises (qui englobe les entreprises chinoises cotées à Hong Kong) de 1000 points à 12 000 points.
Dernièrement l’indice cotait à un peu plus de 9000 points. La banque suisse a toutefois précisé que cette revalorisation n’était possible que si d’une part l’économie mondiale se stabilisait et si d’autre part les autorités chinoises adoptaient des réformes structurelles ainsi que des mesures de soutien plus significatives, ajoutant qu’à ce stade, les deux paraissaient improbables.

Un pessimisme papable auprès des investisseurs

Un quart des investisseurs, analystes, traders interrogés par Bloomberg dans le cadre d’une enquête, dont les résultats ont été révélés le 4 septembre dernier, s’attendent à ce que le marché chinois figure parmi les marchés qui affichent les plus mauvaises performances dans les années à venir. C’est le pire résultat d’enquête obtenu depuis janvier 2010.
D’après une autre enquête trimestrielle datant du 7 septembre, deux investisseurs sur cinq sont pessimistes sur l’impact que les mesures prises par les autorités auront sur le climat d’investissement en Chine. Ils étaient un investisseur sur trois à le penser en mai.

Imen Hazgui

Publié le 11 Septembre 2012