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Fusions acquisitions : les secteurs les plus dynamiques en 2013

Fusions acquisitions : les secteurs les plus dynamiques en 2013

(Easybourse.com) Parmi les secteurs qui seront le plus pourvoyeurs de fusions-acquisitions en 2013, figurent l'énergie, la santé, les télécoms.

Les groupes énergétiques ont moins accès aux ressources naturelles que par le passé, doivent faire face à des dépenses d’investissement en capital plus importants, et à des amendes pharaoniques en cas d’incidents. Elles ont alors tout intérêt à racheter des actifs.
«Beaucoup de nouveaux acheteurs ont fait leur apparition en 2012, et devraient continuer à être dynamiques cette année, parmi lesquels les pays producteurs de pétrole, les pays massivement consommateurs de matières premières comme l’Inde ou encore des pays du sud est asiatique (Corée du sud, Thailande, Vietnam, Malaisie, Indonésie). Ces derniers pays cherchent à renforcer leur indépendance énergétique et à garantir ainsi un approvisionnement qui ne soit pas trop onéreux » observe Hervé Mangin, gérant chez Axa IM, spécialiste des opérations de fusions-acquisitions.

Les appels d’offre dans le secteur de l’énergie ont progressé de près de 50% en 2012

Plus de 250 milliards de dollars ont pu être collectés. Le plus gros rachat a été celui fait par le géant chinois Cnooc de la société canadienne Nexen pour 15,1 milliards de dollars.

En France Maurel et Prom qui est bien positionnée en Afrique et en Amérique latine pourrait constituer une cible. Le président, qui est actionnaire majoritaire, prépare sa succession et n’a pas exclu l’éventualité d’être absorbé.

La santé

Les grands laboratoires ne trouvent plus de nouvelle molécule dans des conditions économiques avantageuses. Les procédures administratives sont lourdes, les contrôles plus pointilleux, les études coûteuses. Pour passer de la recherche fondamentale sur un traitement à sa commercialisation sur le marché il faut au moins dix ans. Parallèlement, ces laboratoires subissent de plein fouet l’entrée en scène des génériqueurs qui ont pour effet de diminuer de près de 80% à 90% le prix des médicaments blockbusters.

Ces grands groupes pharmaceutiques sont alors enclins à racheter d’autres entreprises plus petites dont la recherche a été fructueuse, quitte à les payer un bon prix.
Au-delà du segment de la biotechnologie, les laboratoires sont également disposés à acquérir des entités dans des domaines plus diversifiant comme la santé animale, les médicaments sans ordonnance ou dans des zones géographiques plus porteuses tels que les marchés émergents. D’autres opérations à l’instar de Sanofi-Genzyme sont donc à anticiper.

Les télécoms

Les annonces d’opération devraient aussi se multiplier dans le secteur des télécoms. Le plein essor de la 4G (vente packagée de la télévision, d’internet, du téléphone fixe et du téléphone mobile) pousse à la concentration des acteurs. « Ce qui coûte le plus cher aux opérateurs c’est l’attraction du client. Une fois celui-ci est dans les mailles du filet, il a alors plus de difficultés à s’échapper » souligne Hervé Mangin.

Le 8 avril dernier, des rumeurs circulaient selon lesquelles le rachat de Virgin Media par Liberty Global allait être validé par la Commission européenne le 15 avril prochain. Liberty Global est un grand opérateur de câble américain. Celui-ci a procédé à trois grandes opérations au cours des trois dernières années, convaincu que le câble est un segment d’avenir. Après avoir mis la main sur 25% du câblo-opérateur Charter et 12,65%% du néerlandais Zygo, Liberty Global a fini par jeter son dévolu sur Virgin Media. Et il est fort probable qu’il ne s’arrête pas là.
Aux Etats-Unis toujours, Softbank, troisième plus grand opérateur mondial japonais, a fait état en octobre 2012 de l’appropriation de 70% de Sprint-Nextel pour 20,1 milliards de dollars.

L'opérateur Vodafone pourrait faire beaucoup parler de lui cette année.

Vodafone pourrait faire beaucoup parler de lui cette année. L’opérateur occupe une place importante dans le mobile mais détient peu de lignes fixes ce qui le conduit à se retrouver dans une impasse stratégique. Certains spéculent sur le fait que l’américain Verizon pourrait décider de racheter Vodafone. Le management de Verizon a récemment déclaré qu’il n’était pas « actuellement » en négociations pour une telle opération mais a précisé qu’il souhaitait récupérer les 45% de parts de Vodafone au sein d’une société détenue en commun, Verizon Wireless. «Evaluée à partir d’un cours qui représenterait 8 fois le résultat opérationnel, le montant de ces parts s’élèverait à 130 milliards de dollars avant impôt et environ 95 milliards après impôt. Pour éviter le fort frottement fiscal, Verizon pourrait ne pas se contenter du simple rachat de ces parts et avaler Vodafone dans son intégralité. Une cession des actifs de Vodafone en Europe pourrait ensuite être faite à ATT » précise le gérant d’Axa IM.

D’un autre coté, Vodafone pourrait également s’imposer en tant que prédateur. Avec l’argent de la cession des parts de Verizon Wireless, la société pourrait faire des emplettes en Allemagne et/ou au Pays Bas pour se renforcer dans la ligne fixe. L’alliance nouée avec France Telecom pour développer des lignes en Espagne et contrer Telefonica serait un signe indiquant que Vodafone est loin de vouloir jeter l’éponge.

Dans l’Hexagone, une fusion France Telecom-Deutsch Telecom jadis évoquée pour des considérations politiques semble très incertaine. Les deux sociétés sont trop endettées pour concevoir un rapprochement. En revanche, France Telecom a mandaté Morgan Stanley Merrill Lynch pour réfléchir à la cession de sa filiale britannique possédée à parité avec Deutsch Telecom, Everything Everywhere. Deux fonds de private equity se sont dits prêts à se mettre en face de cette opération. L’affaire, si elle avait lieu, pourrait rapporter 10 milliards de dollars.

Iliad ne devrait pas non plus être la cible d’un quelconque opérateur. Le groupe présente certes le meilleur mix commercial en France et la plus importante efficience en matière de coût, mais Xavier Niel n’est pas décidé à sortir du capital.

Parmi les actifs en sa possession, Vivendi ne devrait être en mesure de vendre cette année que sa société au Maroc à un opérateur du Moyen Orient. Vincent Bolloré a répété à plusieurs reprises son désir de sortir de l’activité des télécoms pour se rencentrer sur l'activité média. L’option la plus avantageuse s’agissant de son opérateur brésilien GVT serait une reprise par Telecom Italie ou Telefonica. Or ces deux entreprises ne sont pas en bonne posture pour consentir à l’opération dans un proche avenir. Pour ce qui est de SFR, celle ci devrait, tout au plus, se rapprocher de Bouygues pour partager le coût de développement du réseau.

Et puis ?

Parmi les autres secteurs qui pourraient faire du bruit, nous trouvons les logiciels, les sociétés agroalimentaires et l'hygiène beauté.

Les conglomérats comme Siemens, General Electric devraient aussi se montrer aventureux



Dans l’industrie, les conglomérats comme Siemens, General Electric devraient aussi se montrer aventureux. Ces derniers sont exposés à une Chine en ralentissement et à une Europe morose. Prendre le contrôle de nouvelles sociétés leur est plus favorable que d’investir en capital. Le 8 avril dernier GE a d’ailleurs fait savoir son intention de s’emparer de Lufkin, le fabricant de turbines pour 3,3 milliards de dollars. En novembre 2012, Siemens a signé un accord avec le groupe d'électromécanique britannique Invensys pour acquérir sa filiale Invensys Rail pour un montant d'environ 2,2 milliards d'euros.



Imen Hazgui

Publié le 12 Avril 2013