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Près de 1000 sociétés sur la liste d'attente des introductions en bourse dans le monde

Près de 1000 sociétés sur la liste d'attente des introductions en bourse dans le monde

(Easybourse.com) Ces dernières années le rythme des introductions en bourse (IPO), notamment en Europe et aux Etats-Unis, a beaucoup ralenti. La principale explication tient au manque d'appétit des investisseurs pour les actions. Outre Atlantique, depuis cinq ans, alors que 1300 milliards de dollars de flux sont entrés dans les fonds obligataires, 900 milliards de dollars sont sortis des fonds actions. La tendance semble progressivement s'inverser.

La stabilisation de la toile de fond macroéconomique, la détérioration du couple rendement-risque offert par les instruments de dette, les programmes d’assouplissement quantitatifs des grandes banques centrales, Fed, Banque centrale d’Angleterre et de plus en plus Banque centrale du Japon sont de nature à pousser les investisseurs à se repositionner sur les actifs risques, en premier desquels les actions.

Ainsi les performances boursières sont redevenues positives dans un certain nombre de places. Aux Etats-Unis, les marchés actions ont touché leur plus haut point depuis cinq ans. Au Japon, l’indice Topix est en progression de 59% depuis novembre 2012. Les bourses en Malaisie et en Indonésie délivrent des performances exceptionnelles.

Si les actions européennes sont globalement à la traine, une grande dispersion est cependant observée, entre d’une coté le l’indice britannique qui fait +8% depuis janvier, l’indice français +3%, l’indice allemand +2,15%, l’indice italien -3% et l’indice espagnol -1,4%. « Cette dispersion permet une meilleure sélection possible en fonction des considérations macroéconomiques et microéconomiques » indique Cédric Chaboud, responsable des investissements au sein de la Société Privée de Gestion de Patrimoine (SPGP).

Une multiplication des opérations sont à venir


L’enchainement du parcours qui aboutit à un nouveau cycle haussier des IPO est relativement classique : amélioration de la macroéconomie, hausse des actions, appétit grandissant des investisseurs pour les actions connues, normalisation du marché, introductions de nouvelles actions.

Depuis le début de l’année, une IPO en moyenne a lieu tous les jours aux Etats-Unis. 10 IPO se sont faites au Royaume-Uni. Plus de 30 IPO ont été réalisées au Japon. Les levées se situent entre 50 et 300 millions de dollars.
970 sociétés, peut-être plus, seraient sur la liste d’attente pour s’introduire : environ 200 sociétés aux Etats-Unis, 200 sociétés en Chine-Hong Kong, 200 sociétés en Europe (Royaume-Uni, Pologne, Allemagne), 30 au Japon, 20 en Inde, 20 en Afrique du Sud, 40 dans les pays du sud est asiatique (Australie, Indonésie, Thaïlande, Malaisie) 20 au Mexique, 25 dans le reste de l’Amérique latine (Brésil, Argentine), 15 au Canada.

« Toutes ces opérations se sont accumulées dans le pipeline du fait des éléments d’incertitude qui ont dominé les marchés depuis cinq ans. Elles ne seront bien entendu pas réalisées cette année mais elles présagent du redémarrage d’un cycle haussier d’ici la fin de l’année » précise Cédric Chaboud.

L’IPO, qui était une piste parmi d’autres de refinancement des sociétés, est devenu un moyen de refinancement privilégié. Les banques sont ont resserré leur robinet et les fonds de private equity sont en retrait. Ces derniers sont au contraire devenus pourvoyeurs d’IPO de manière à lever les capitaux nécessaires à la rotation de leur portefeuille.

Dans certains pays, comme au Brésil, des évènements particuliers ont pour effet de drainer des forts investissements locaux : la journée mondiale de la jeunesse en 2013, la couple du monde de football en 2014, les jeux olympiques en 2016.

Les secteurs phares

Parmi les principaux viviers d’IPO, nous trouvons l’énergie, l’immobilier, le rééquipement des maisons, le luxe.

Avec le développement du gaz et du pétrole de schiste, de grandes sociétés de l’énergie ont besoin de trouver de nouveaux capitaux. Une structure juridique ad-hoc surnommé MLB a même été conçue aux Etats-Unis pour permettre de loger des actifs, de les introduire en bourse pour lever des fonds, sans avoir à acquitter la taxe sur les dividendes. Récemment, des sociétés comme CVR Refining, PBF Energy, LinnCo LLC sont allés à la rencontre des actionnaires.

L’immobilier est un autre secteur d’activité porteur aussi bien aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni. «En 2012, l’indice S&P 500 immobilier a gagné 180%. Cela donne une idée de la puissance du retour des sociétés américaines du secteur » note M Chaboud.

Dans le rééquipement des maisons, les sociétés de biens électroménagers ou encore de bricolage devraient tirer leur épingle du jeu. « En raison de la diminution du pouvoir d’achat, après l’éclatement de la bulle immobilière en 2007, les ménages ont eu pour premier reflexe de mettre un terme à toutes les dépenses discrétionnaires. Progressivement ces dépenses reprennent » explique le responsable de SPGP.

Le luxe est aussi un segment très dynamique. Coté, biens de consommation haut de gamme, la marque de vêtement Michael Kors, projette de s’introduire. En Italie, l’entrée de Ferragamo a été saluée. « La société s’est introduite à 8 euros et vaut à présent 20 euros. Parallèlement, pendant cette période, l'indice italien a décliné de 25% » souligne Cédric Chaboud. Dans le même esprit, la société Cucceni s’est introduite à 8 euros et vaut à présent 16 euros. La performance a été de pratiquement de100%.

La demande devrait être au rendez-vous

Selon les dernières statistiques, les investissements en actions aussi bien des investisseurs particuliers que des investisseurs institutionnels est relativement basse.
La part des actions au sein des fonds de pension américains est de 34%, contre une moyenne historique de 60% et un pic de 80%. Le cash représente 7% à 8% des positions contre 2-3% en moyenne. La majeure partie des portefeuilles sont composés d’obligations. « Il suffirait que le taux à dix ans américain remonte à 2,3% pour que tous ces portefeuilles soient négatifs. Au début de l’année il avait atteint 2,2%. Pour éviter d’être massivement en perte, beaucoup de ces fonds de pension vont accélérer leur réorientation vers les actions » conclut l'expert de SPGP.



Imen Hazgui

Publié le 12 Avril 2013