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Actions européennes: les valeurs phares de trois gérants

Actions européennes: les valeurs phares de trois gérants

(Easybourse.com) Que l'on soit un investisseur débutant ou confirmé, le réflexe patriotique est souvent bien présent au moment de choisir les valeurs que l'on met en portefeuille. Un coup d'oeil au-delà des frontières permet pourtant de dénicher des leaders mondiaux et de mieux appréhender la réalité d'un secteur. Comment bien investir en Europe ? Sur quels marchés et quelles valeurs ? Pour répondre à ces questions, trois gérants nous ont ouvert leur portefeuille.

Pourquoi il faut voir plus large que la France

Avec plus de 800 entreprises françaises cotées sur Euronext et Alternext, l’univers d’investissement semble assez large pour satisfaire la curiosité des investisseurs. Le choix de petites, moyennes et grandes capitalisations tricolores est en effet assez vaste et couvre tous les secteurs. Pourquoi dès lors se risquer en dehors de nos frontières ? « Il n’est pas plus risqué d’investir dans des valeurs européennes que dans des sociétés françaises. Au contraire, la diversification géographique permet d’atténuer les risques lié à l’environnement économique spécifique d’un pays », indique Emilie Da Silva, gérante du fonds Nova Europe d’Alto Invest.
Ce fonds de petites et moyennes capitalisations, lancé en décembre 2013 et éligible au PEA-PME, ne compte que 27 valeurs mais cette sélection couvre six pays: France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, et Suède. , « Nous sélectionnons des dossiers très internationaux qui réalisent une grosse part de leur chiffre d’affaires hors de leur pays d’origine », souligne Emilie Da Silva.

Voir la sélection « PEA-PME » d’Emilie Da Silva


Est-ce le bon moment pour investir sur les actions européennes ?

L’année 2013 a été plutôt profitable aux actions européennes, avec notamment un rattrapage des marchés périphériques de la zone euro (Italie, Espagne, Portugal). Cependant, mis à part le Dax allemand, les indices boursiers sont encore loin de leurs plus hauts historiques. La plupart des gérants restent positifs sur les actions européennes cette année malgré le ralentissement de la croissance observé au deuxième trimestre. « Les résultats des entreprises européennes au premier semestre ont été globalement décevants mais il suffirait d’un peu de croissance pour voir une amélioration des marges », souligne Isabelle Delattre, responsable des gestions de Raymond James Asset Management. Les valorisations, bien qu’elles soient remontées depuis un an, demeurent inférieures à celles des sociétés américaines: en moyenne le ratio cours/bénéfice est de 13 en Europe contre 15 aux Etats-Unis.

Sur quels marchés investir ?

Outre la France, les gérants se tournent en priorité vers l’Allemagne et le Royaume-Uni. Ce sont les deux marchés les plus « profonds » en Europe mais les valorisations y sont également plus élevées. L’Espagne, l’Italie ou le Portugal peuvent être des alternatives intéressantes, à condition d’y sélectionner des valeurs exportatrices plutôt que des sociétés trop dépendantes de l’économie domestique. Même chose dans les pays du nord de l’Europe où beaucoup de sociétés réalisent la plus grande partie de leur chiffre d’affaires à l’international. « Les sociétés exposées au marché américain et à certains émergents sont les mieux à même de surperformer », souligne Isabelle Delattre.

Voir la sélection « large cap » d’Isabelle Delattre


Sur le plan sectoriel, ce sont les industries les plus dynamiques au niveau mondial qui ont la cote. « Il est prématuré de miser sur une reprise durable et généralisée de l'économie européenne », estime Frank Hansen, responsable des gestions Small&Mid Cap d’Allianz. « C'est pourquoi nous sommes surpondérés dans les secteurs de la santé, l’IT et les produits de consommation (essentiellement de luxe, ndlr), et sous-pondérés dans le secteur financier et l'industrie. »

Voir la sélection « small&mid cap » de Frank Hansen 

François Schott

Publié le 19 Septembre 2014