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Interview de Nicolas Boutet : PDG de Wedia

Nicolas Boutet

PDG de Wedia

Nous avons enregistré un très bon départ sur 2010, puisqu'à l'issue du 1er semestre nous serons à plus de 25% de croissance

Publié le 23 Juillet 2010

Pourriez-vous nous présenter en quelques mots l'activité de votre société ?
Wedia est un éditeur de logiciels dédiés aux métiers du marketing et de la communication. L'enjeu de nos outils consiste à aider ces directions à réaliser les supports de leurs campagnes, aussi bien les supports papiers (brochures, flyers, etc.), que les supports numériques (web, smartphone, e-book etc.). Nous sommes les seuls à avoir cette double expertise Print + Web.

Quels ont été vos résultats financiers sur 2009 ? Et pour 2010 ?
2009 a été une année un peu délicate pour deux raisons : d'une part à cause du contexte économique et d'autre part, en raison d'une bascule progressive des solutions «classiques» vendues en «one shot» vers des solutions vendues en mode SaaS (software as a service). Ce modèle de paiement à l'acte procure moins de chiffre d'affaires au départ mais des revenus plus récurrents. Cela étant, nous avons facturé près de 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec un résultat net de 130 000 euros. Nous avons par ailleurs enregistré un très bon départ sur 2010, puisqu'à l'issue du 1er semestre nous serons à plus de 25% de croissance.

Quels sont vos principaux clients ?
Nos clients sont encore essentiellement des grands comptes, tels que Bouygues Telecom, Société Générale, Dior etc. Nous leur fournissons des plateformes collaboratives de publication multi-canal, donc pour produire aussi bien leurs supports papiers (guides de tarifs, brochures, etc.) que leurs supports numériques (newsletters, etc.).

Vous avez 3 offres principales, quelles sont-elles ?
La première offre est très simple dans son concept mais très efficace : il s'agit de JoliPrint. Cette offre consiste à proposer un service en ligne accessible pour n'importe quel site web, équipé ou non de notre technologie, permettant de remplacer l'impression par défaut des pages web par une impression très qualitative, un PDF à la demande de type magazine. L'idée étant de changer radicalement la façon d'imprimer une page web.
La seconde offre, Expresso, est un peu plus complète, accessible en SaaS également, et qui permet à n'importe quelle entreprise de réaliser en ligne ses brochures de communication (affiche, flyer etc.).
Enfin la dernière offre, notre offre historique, Wedia Crossmedia, est une solution complète qui permet de centraliser toute l'information marketing et de communication, de planifier et d'organiser, la réalisation des différents supports d'une campagne marketing.

Quelles sont les raisons de votre introduction récente sur NYSE Alternext ?

La première des raisons concerne la communication car nous adressons à travers nos nouvelles offres SaaS -lancées en 2009 - de nouveaux types de clients de taille plus modeste que les grands comptes. Nous sommes donc dans une démarche commerciale un peu différente, beaucoup plus dématérialisée, et nous avons besoin d'être convaincants très vite quant à notre offre et à notre légitimité. Nous bénéficierons de la crédibilité d'une société cotée.
Par ailleurs, nous sommes sur des nouvelles offres qui constituent des relais de croissance très importants pour Wedia, mais qui impliquent de financer l'acquisition de nouveaux clients au démarrage. Les besoins en capitaux au départ sont donc assez élevés. Le fait de débuter aujourd'hui un parcours boursier représente un bon moyen pour être en capacité de lever des fonds dans le futur.
Enfin, nous avons un passé de croissance externe, par acquisition, et nous souhaitons continuer à le faire. Nous avons actuellement deux dossiers à l'étude. A chaque fois, ce sont des opérations qui se font en cash mais également par échange d'actions. Donc le fait d'être coté donne à l'action Wedia une attractivité qui est supérieure à celle que nous avions par le passé et qui nous permet de faciliter et de réaliser dans de meilleures conditions, ces opérations de croissance externe.

A combien évaluez-vous votre marché ?
Le marché des offres SaaS est assez complexe à identifier, mais on évoque un marché de quelques milliards d'euros rien que pour la France. Cela étant, il s'agit d'un marché très fragmenté puisque j'englobe dans ces chiffres à la fois les grands comptes et les PME.
Quant à l'offre plus historique, qui s'adresse donc davantage aux grands comptes, nous sommes sur le marché de l'ECM, la gestion de contenu électronique, qui connaît des croissances assez fortes, de 25 à 30% par an, avec un marché français qui se chiffre à plusieurs dizaines voire centaines de millions d'euros. Le marché européen est bien entendu plus vaste et nous souhaitons d'ailleurs, via notre introduction en Bourse, nous déployer à l'international, et notamment en Europe.

Sandanassamy Nicolas