Interview de Sacha Loiseau : Fondateur et Directeur Général Mauna Kea Technologies

Sacha Loiseau

Fondateur et Directeur Général Mauna Kea Technologies

Mauna Kea Technologies a déjà généré des ventes de plus de 18 millions d'euros

Publié le 27 Juin 2011

Le modèle des MedTechs présente un certain nombre de risques pour l’investisseur, notamment en raison des coûts importants de R&D et de la durée des phases de développement. Mauna Kea a d’ailleurs levé depuis sa création près de 32 millions d’euros, avec des pertes cumulées de 23 millions. Comment comptez-vous obtenir des revenus ?
Les entreprises des biotechnologies ne développent un chiffre d’affaires qu’après plusieurs années d’activité dans le meilleur des cas. Elles doivent acquérir un portefeuille de produits, voir développer leurs services et leurs plateformes de R&D afin d’augmenter leur chiffre d’affaires et de rester compétitives.
Le business model d’une medtech est dfférent de celui d’une pure biotech et présente aussi moins de risques. En effet, les produits pharmaceutiques doivent passer des études cliniques très longues, de plus en plus couteuses et doivent justifier d’une véritable amélioration pour le patient auprès des autorités réglementaires de santé pour obtenir leur autorisation de mise sur le marché.
Ainsi, Mauna Kea Technologies a déjà généré des ventes de plus de 18 millions d’euros.

En effet, la société a franchi les étapes clefs de son développement et est arrivée à un stade relativement dérisqué : sa technologie est cliniquement validée et protégée par 85 brevets ; la production est intégrée et opérationnelle, le Cellvizio a obtenu le marquage CE et l’accord FDA, le Cellvizio est installé dans plus de 180 centres dans le monde et a été utilisé par des médecins pour plus de 10 000 procédures et les ventes aux KOLs (leader d’opinions) représentent déjà, en pré commercialisation, un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros et nous avons des autorisations de commercialisation dans plus de 40 pays dont l’Amérique du nord et l’Europe. Nous pouvons donc avancer que le risque est derrière nous.

Les 32 millions que nous avons levés représentent une somme faible par rapport aux montants levés par les sociétés américaines de notre domaine et par rapport au travail déjà accompli. Ces fonds ont été utilisés pour valider notre technologie, obtenir les autorisations réglementaires nécessaires, investir dans les hommes aux compétences nécessaires à notre développement et la mise en place de notre outil de production en préparation d’une commercialisation à grande échelle.

La phase dans laquelle nous sommes, et qui nécessite des fonds substantiels, est celle du déploiement à grande échelle et de la commercialisation au plan international.

A quelle concurrence devez-vous faire face ? Quelle différence y a-t-il avec vos produits ?
Aujourd’hui, dans le domaine de l’endomicroscopie laser confocale qui est le nôtre, nous n’avons pas de concurrent direct. Pentax a abandonné sa collaboration avec une société australienne dont la solution n’était pas adaptée à l’utilisation clinique.

Que représente votre marché, dans le détail ?
En termes d’équipements, nous ciblons environ 50 000 hôpitaux et cliniques dans le monde (chaque Cellvizio par unité coûte 114 Keuros) avec 2 Cellvizio par établissement soit un marché de 100 000 unités.

En termes de consommables, les indications cliniques validées du Cellvizio représentent d’ores et déjà un potentiel de 3,75 millions de procédures par an dans le monde (les minisondes -consommables- coûtent entre 4 et 6 keuros suivant le type de sondes et sont utilisables entre 10 et 20 fois suivant le type de sonde). Ce potentiel devrait croître significativement avec la validation de nouvelles indications, en gastro-entérologie mais aussi en pneumologie, en urologie et dans d’autres marchés encore.

Viennent s’ajouter les services (maintenance et formation notamment).
Si on fait la synthèse des points mentionnés plus haut, nous estimons le potentiel de marché du Cellvizio à plus de 10 milliards d’euros pour la partie équipement et à plus d’un milliard d’euros par an pour les consommables (minisondes)

Votre groupe souhaite lever jusqu’à 50 millions d’euros durant son introduction en bourse sur Euronext, à quoi vont vous servir ces fonds ?
Ces fonds vont nous permettre d’accélérer notre déploiement à grande échelle ; de soutenir la commercialisation du Cellvizio à l’international ; de financer de nouvelles études cliniques sur des applications existantes et futures et de continuer à renforcer l’avance technologique qui a fait notre succès.

Nicolas Sandanassamy