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Interview de Joël Chaulet : Président de A2micile

Joël Chaulet

Président de A2micile

Une présence sur Alternext va nous donner une meilleure visibilité

Publié le 06 Juillet 2011

En quoi le secteur des services à la personne est-il particulièrement porteur ?
C’est un secteur qui a émergé en 2005 suite au plan Borloo qui a permis de rendre le marché viable. Le gouvernement soutient assez fortement l’aide à la personne, notamment avec des mesures fiscales puisque nos clients peuvent déduire 50% de leurs factures dans leur fiscalité. C’est un marché très dynamique qui s’adresse à tous les CSP+ [catégories socioprofessionnelles favorisées]. Nous intervenons sur tout ce qui est ménage, jardinage, repassage, sur la garde d’enfants, marché très actif grâce au taux de natalité français. Nous intervenons aussi sur un troisième secteur qui est le maintien à domicile des personnes âgées et dépendantes. Ce secteur, très dynamique également, fait actuellement l’objet d’un débat national.
Un élément qui me semble aussi important pour nos clients, c’est le fait que nous soyons QUALICERT [cette Certification de Services est délivrée par l'Organisme Certificateur SGS ICS]. Ce sont quand même 60 critères qui sont examinés en permanence par SGS, et des outils de renouvellement chaque année.

Pourquoi cette introduction sur NYSE Alternext ?
Nous sommes sur le Marché libre depuis février 2011, mais les possibilités y restent limitées. De plus, sur ce marché, le cours ne reflète pas toujours complètement l’attractivité de la société. Nous nous transférons sur Alternext pour plusieurs raisons. Nous souhaitons ainsi avoir une plus grande visibilité, puisque nous nous adressons aux CSP+ et qu’Alternext représente une plus grande visibilité pour eux. De plus, nos clients nous questionnaient régulièrement en émettant le souhait d’investir dans A2micile pour accompagner la croissance de la société. Nous faisons ce transfert également dans la perspective d’une levée de fonds. Nous avons fait 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010, et notre objectif est de le tripler en 2013 pour atteindre 60 millions, ce qui demande naturellement un peu de moyens.

Quelle est votre proportion de clients particuliers face aux professionnels ?
C’est un élément qui nous caractérise en particulier, car nous faisons 30% de notre chiffre d’affaires en BtoB [entre professionnels] avec des grandes mutuelles, des assurances (Axa, Mondial Assistance), des banques qui vendent des services à la personne à leurs clients (BNP Paribas, Crédit Agricole, Le Crédit Lyonnais). Nous bénéficions de la notoriété de ces grandes enseignes pour nous développer plus vite que le marché.
Les 70% restants proviennent de particuliers et du maintien des personnes âgées et dépendantes à domicile. Ce marché des personnes âgées est souvent financé par des conseillers généraux via l’Aide aux personnes âgées (APA). Ce sont des dossiers que des assistantes sociales, des infirmières ou des conseillers généraux, nous donnent à gérer. Ces dossiers sont financés en partie ou en totalité par les conseils généraux selon les revenus de la personne.

Pour quelles raisons le business plan actuel est-il différent de celui de 2009 et en quoi ?
En 2009, les grandes enseignes avec lesquelles nous travaillons nous ont demandé d’accélérer notre développement sur certaines villes où nous n’étions pas encore présents. Nous avons alors décidé d’ouvrir 14 établissements en propre. Or, notre modèle de base c’est d’ouvrir à chaque fois des filiales avec un associé-gérant minoritaire, alors qu’A2micile est majoritaire dans chaque filiale. Les établissements en propre représentent un coût beaucoup plus important et il faut compter environ 14 mois pour arriver à l’équilibre. Ces ouvertures ont affecté nos résultats en 2010, mais nous l’avions anticipé, et en 2011 ces établissements contribuent à nos résultats.
Nous avons également créé, à la demande de nos clients, une marque qui s’appelle «La Rescousse» dans le domaine du soutien scolaire. Nous avions anticipé une progression assez forte sur ce marché, mais il se trouve que le marché a décliné au moment du reportage de France 2 en caméra cachée sur le soutien scolaire. De plus, le gouvernement a annoncé qu’il y aurait deux heures de soutien scolaire gratuit pour l’élève chaque semaine. Nous gardons cette filiale en défensif pour les clients en demande, mais nous ne la développons pas de façon intensive. C’est aussi une façon d’empêcher les concurrents de rentrer chez nous avec le soutien scolaire et d’en ressortir avec le ménage.

Avez-vous des projets de croissance externe ? Dans quels domaines (renforcer certains segments) ou nouveaux pays ?
Aujourd’hui, nous n’avons pas de projet de croissance externe, mais si des dossiers se présentaient nous les étudierions. Nous maîtrisons bien notre croissance organique, avec un siège bien structuré au service de notre réseau. Nous voudrions appuyer sur cette croissance et faire encore mieux que ce que l’on fait aujourd’hui. Nous resterions plutôt sur les trois métiers que nous maîtrisons bien.
Tous les CSP+ sont demandeurs du même type de services partout en Europe. Nous avons 105 agences en France, mais ceci étant nous pouvons monter à 300, car nous pouvons nous implanter dans chaque ville de plus de 30 000 habitants. Certains pays européens sont très avancés, comme la Belgique qui a à peu près la même législation fiscale que la France.

Propos recueillis par Claire Lavarenne