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Interview de François de Witt : Président de Finansol

François de Witt

Président de Finansol

On estime qu'il y a en France environ 700.000 épargnants solidaires

Publié le 27 Octobre 2011

Du 3 au 10 novembre se tiendra la Semaine de la Finance solidaire. Que représente la finance et l'épargne solidaires aujourd’hui en France ?

On estime qu’il y a en France environ 700 000 épargnants solidaires. C’est très peu, comparé aux 58 millions de détenteurs d’un livret A. L’épargne solidaire représente moins de 0,5% de l’épargne totale des Français. Cela dit c’est un secteur en forte croissance dont les encours progressent chaque année de 25 à 30% et qui permet de financer des projets à forte utilité sociale. Au 31 décembre 2010 ce sont près de 700 millions d’euros qui avaient été investis au service de la lutte contre l’exclusion, du logement social ou encore de l’environnement.


La plupart des réseaux bancaires proposent aujourd’hui des placements solidaires. Pourquoi ne sont-ils pas davantage choisis par les épargnants ?


Un des freins au développement de l’épargne solidaire réside dans le fait que les Français ont une certaine méconnaissance des produits financiers en général et a fortiori des produits solidaires. S’ils développent de réelles compétences en tant qu’emprunteurs, par exemple pour obtenir le meilleur taux de crédit immobilier pour l'achat de leur résidence principale, ils sont en revanche un peu « empotés » lorsqu’il s’agit de placer leur épargne. En fait, ils font confiance à leur intermédiaire. Ils ne cherchent pas forcément à savoir où va leur argent. Et puis, ils pensent que la solidarité relève de la sphère publique. Or ce n’est pas vrai. Il existe aujourd’hui 126 placements labellisés « solidaires » qui permettent à tout un chacun de soutenir directement des entreprises ou des associations oeuvrant à une société plus juste. Simplement, il faut se donner un peu de mal (www.finansol.org) pour les identifier.

Les placements solidaires sont-ils touchés par la baisse de la Bourse ?


Les fonds solidaires, qui concernent notamment l'épargne salariale solidaire, ont été affectés par la chute récente de la bourse. En effet, ils ont pour obligation légale d’investir au moins 90% de leurs encours sur des titres cotés (actions, obligations), les 10% restants devant être placés auprès d’entreprise solidaires, qui sont par définition non cotées. L’encours de ces fonds est sans doute légèrement inférieur à ce qu’il était au 1er janvier. Mais les 10% de « solidaire », qui rapportent 1 à 2% par an, ont permis d’amortir la baisse des titres cotés.

La lutte contre les niches fiscales remet-elle en cause les avantages liés l’épargne solidaire ?

Certains placements solidaires sont touchés par la lutte contre les niches fiscales. C’est le cas notamment de l’achat d'actions d’entreprises solidaires qui bénéficie du dispositif « Madelin » en faveur des PME. La réduction d’impôt a déjà été rabotée en 2011, où elle passée à 22% contre 25% en 2010 ; elle doit être ramenée à 20% en 2012. Malgré cela, nous restons confiants car les investisseurs au capital d’entreprises solidaires ne sont pas motivés en priorité par l’avantage fiscal. (ndlr : les autres produits comme les livrets de partage ne subissent aucune modification de leur régime, le reversement des intérêts à une association ouvrant droit à une déduction d’impôt de 66%).

Propos recueillis par François Schott

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