Espace International - News, articles, interviews et dossiers

Interview de Alexandre  Hezez : Responsable de la Gestion de Convictions AM

Alexandre Hezez

Responsable de la Gestion de Convictions AM

Parmi nos convictions, Total ou Royal Dutch. Nous pensons que le prix du pétrole restera à un niveau élevé malgré le ralentissement de la croissance.

Publié le 28 Octobre 2011

Quel regard portez-vous sur les différentes annonces faites à l’issue du sommet des dirigeants de la zone euro mercredi soir?
Ce qui ressort de ce sommet c’est avant tout un accord sur les grands points qui font débat dans la région. Une décote de la dette grecque de 50% a été décidée. Le FEFS devrait se retrouver renforcé par le biais d’un SPV (Special purpose vehicle) géré par le FMI.
Un élément fondamental qui ressort de cette entente, qui ne figure pas dans le communiqué mais qui a été dit à l’oral réside dans la possible poursuite de l’intervention de la BCE, ce qui est fondamental. Ce matin l’institution s’est portée acquéreuse de titres de dette italienne en vue de faire reculer le taux de refinancement.

Ne pensez-vous pas que ces grands principes présentent d’importantes difficultés de mise en œuvre ?
S’il n’y avait pas eu de doutes au sujet de ce plan, le marché aurait sans doute rebondi plus fortement à l’ouverture.
Ce que l’on peut redouter, et qui pourrait poser problème dans les futures discussions en Europe, c’est la hausse de l’inflation. Aujourd’hui cette inflation se situe au dessus de la cible fixée par la BCE. Si l’augmentation des prix venait à perdurer, notamment du fait de l’absence de fléchissement des prix des matières premières, nous pourrions voir des réticences se dessiner du coté de l’Allemagne et de la Finlande pour la mise en place du plan de monétisation.

Les bourses européennes finissent la séance de ce jeudi en forte hausse. Les valeurs financières se sont envolées un peu partout. Pourtant, la toile de fond macroéconomique n’est pas rose…

Certes l’économie s’essouffle et les bénéfices des entreprises devraient continuer à être révisés à la baisse. Cependant, les niveaux de valorisation en Europe sont historiquement bas.
Les banques se valorisent aujourd’hui 50 % de leur fonds propres ce qui constitue une forte anomalie. Avec la réduction du risque souverain ces banques doivent au moins se valoriser à hauteur de leur book value.

A ce stade, pour beaucoup d’experts de marché, le rallye n’est pas durable ?
C’est ce qu’escomptent un certain nombre de gérants qui n’ont pas su prendre le train en marche pour pouvoir retourner sur le marché et profiter du rebond.
Depuis le mois d’aout, le Cac 40 ne cesse d’évoluer à la hausse et à la baisse. Dernièrement l’indice a connu une hausse de 13-14%. La plupart des gérants sont sortis pour prendre des bénéfices.

A partir de ces considérations, quelle est votre stratégie d’investissement à l’heure actuelle ?
Nous avons réinvesti dans les actions essentiellement sur les indices, comme l’Eurostoxx, le Dax et le Cac 40 via des contrats futurs parce que les rotations sectorielles sont ingérables.
Nous avons par ailleurs augmenté notre exposition à la dette des pays périphériques, Irlande, Italie et Espagne. Cela représente entre 30 et 35% de notre fonds diversifié. Nous pourrions aller jusqu’à 40%.

Sur le plan des valeurs, vers quels titres s’est orientée votre préférence ?
Nous nous sommes dirigés vers l’énergie avec Total ou Royal Dutch. Nous pensons que le prix du pétrole restera à un niveau élevé malgré le ralentissement de la croissance. Les estimations du FMI tablent sur une croissance mondiale de 3,5%. Historiquement, chaque fois que la croissance dépassait 3% elle avait pour effet de maintenir le prix du pétrole à un niveau élevé. Actuellement le prix du pétrole moyen en 2011 n’a jamais été aussi haut.

Propos recueillis par Imen Hazgui