Interview de Guy-Charles  Fanneau de la Horie : PDG de Néovacs

Guy-Charles Fanneau de la Horie

PDG de Néovacs

Actuellement et jusqu'à un horizon moyen terme, nous sommes un "pure player" dans le domaine Recherche & Développement précoce

Publié le 22 Février 2012

Pourriez-vous revenir sur les principaux chiffres que vous venez publiés ?
Le modèle de Néovacs est un modèle où il n'y a pas de revenu, autrement dit nous dépensons de l'argent et nous annonçons un résultat négatif en fin d'année. Or, avec toutes les avancées et toutes les activités que nous menons, nous avons réussi à très bien maîtriser nos coûts, ce qui nous permet d'atteindre un résultat net négatif pour 2011 de 8,114 millions d'euros, contre un résultat net négatif d'environ 9 millions d'euros en 2010, soit une amélioration de 10% cette année.

Le plus important ici a trait à notre trésorerie disponible, de 10,5 millions d'euros au 31 décembre 2011, notamment grâce aux augmentations de capital menées en cours d'exercice, à la bonne maîtrise de nos coûts, et une subvention de la part d'Oséo pour notre programme de recherche sur le TNF-Kinoïde dans le cas de patients souffrant de polyarthrite-rhumatoïde.

Quels ont été les principaux évènements de l'exercice 2011 ?
2011 a été une année extrêmement riche puisque nous avons annoncé des résultats d'études cliniques significatifs: en février, nous avons présenté les résultats obtenus avec notre produit TNF-Kinoïde chez des patients souffrant de la maladie de Crohn, dans lesquels nous indiquions que notre traitement était très bien toléré, qu'il avait bien déclenché l'apparition d'anticorps anti-TNF chez ces patients, et que chez 50% des patients, nous avons pu noter une rémission clinique c'est-à-dire une disparition des symptômes cliniques de la maladie.

Ces premiers résultats ont par ailleurs été présentés lors de deux congrès scientifiques internationaux, l'un en Europe [Congrès ECCO de Dublin] et l'autre aux Etats-Unis [Congrès DDW de Chicago de gastro-entérologie] ; ensuite, nous avons annoncé des résultats sur un second produit, l'interféron Kinoïde [IFNα-Kinoïde], qui a été administré à des patients souffrant de Lupus. Nous avons démontré ici que le produit était également bien toléré, très immunogène [après au moins une injection, les patients produisent des anticorps anti-interférons], et nous avons enfin pu mettre en évidence des signes très puissants d'activité biologique des anticorps dans la mesure où nous avons observé une régulation de la signature génomique liée à l'interféron qui joue un rôle essentiel dans le Lupus. Ces résultats ont par ailleurs été présentés au congrès américain de rhumatologie, étant donné que le Lupus est principalement diagnostiqué et traité par les rhumatologues.

Enfin, le 5 janvier dernier, nous avons annoncé les résultats d'une troisième étude clinique avec le TNF-Kinoïde, cette fois chez des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Ces patients sont particuliers dans la mesure où ils ne répondent plus aux traitements habituels employant des anticorps monoclonaux. Nous avons donc démontré la bonne tolérance de notre produit, qu'il y avait bien production d'anticorps anti-TNF chez les patients traités, et nous avons observé une évolution très intéressante de certains paramètres liés à la maladie, en particulier la protéine réactive C, qui diminue chez les patients ayant des anticorps alors qu'elle augmente chez les autres, et une amélioration d'un des scores cliniques suivi chez les patients ayant des anticorps, meilleure que chez les patients n'en ayant pas.
Au total, du point de vue évolution technologique et scientifique, et du développement de nos produits, cette année 2011 s'est révélée très riche et prometteuse...

Pourriez-vous nous détailler l'usage que vous ferez de votre trésorerie ?
Les études cliniques citées plus haut donnent des résultats à un moment T, mais nous continuons de suivre les patients de ces études afin de nous assurer de la bonne tolérance de nos produits. Il y a donc déjà des coûts qui continuent après les études pour nous permettre de suivre les patients plus longtemps et ainsi démontrer plus fermement que notre approche est bénéfique pour le patient.

Par ailleurs, nous avons une étude très importante [66 patients sont concernés] actuellement en cours, qui est une étude de phase II avec le TNF-Kinoïde chez des patients souffrant de la maladie de Crohn et ne répondant plus aux traitements habituels. Cette étude doit durer 4 mois, et nous devrions donc disposé des premiers résultats au cours du second trimestre de 2012. Cette étude est très importante car l'objectif ici sera de démontrer que les patients sous notre traitement vont nettement mieux cliniquement que les autres ayant seulement reçu un placebo.

Nous avons également toute une série de dépenses liées aux développements pharmaceutiques des produits, dans la mesure où nous devons prouver que nous savons produire nos traitements de façon répétée, mesurée et contrôlée, tout cela étant très vorace en termes de trésorerie.
Enfin nous allons débuter en 2012-2013 deux grandes études cliniques : l'une avec le TNF-Kinoïde dans la polyarthrite rhumatoïde, l'autre avec l'IFNα-Kinoïde dans le Lupus.

Etant donnés vos besoins financiers pour assurer les études, votre objectif est-il de demeurer indépendant en cherchant des partenariats avec de grands groupes pharmaceutiques...
Actuellement et jusqu'à un horizon moyen terme, nous sommes un "pure player" dans le domaine Recherche & Développement précoce. Il est clair en effet que pour mener à bien des études de phase III, obtenir des AMM [Autorisation de mise sur le marché] et lancer les produits, il faut que nous établissions des partenariats. Nous avons donc une activité très intense de recherche de partenariats, de communication de nos résultats et de discussion avec des laboratoires pharmaceutiques... Nous avons d'ailleurs des contacts pour chacun de nos produits en cours de développement.

NS