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Interview de Thierry  Iochem 

 : Analyste marché chez eFinancialCareers France

Thierry Iochem

Analyste marché chez eFinancialCareers France

Les professionnels de la finance français ne seront pas véritablement impactés par la taxe sur les transactions financières

Publié le 17 Juillet 2012

Dans les velléités de départ des professionnels de la finance français, la taxe sur les transactions financières ne constitue pas un élément moteur ?
Nous avons réalisé une enquête en mai 2012 auprès de 419 professionnels de la finance basés en France. Si un certain nombre de ces professionnels manifestent effectivement leur volonté de quitter la France, cependant seuls 8% évoquent la politique fiscale menée dans l’Hexagone. 1% citent la taxe sur les transactions financières.

Comment interprétez-vous ce résultat ?
Cette conclusion pourrait s’expliquer par le fait ces professionnels de la finance ne seraient pas véritablement impactés par cette taxe du fait de la sophistication des marchés qui pourrait conduire de nombreux opérateurs à y échapper.

Quels sont les principaux facteurs qui motiveraient un départ de la part de ces professionnels ?
La majeure partie mentionne comme principale raison de leur expatriation les doutes sur la capacité du nouveau président à répondre aux enjeux de la crise que traverse l’Europe. La dégradation de la conjoncture nationale constitue le deuxième plus important sujet d’inquiétude. Les causes sont donc essentiellement macroéconomiques.

Pour autant ces professionnels pourraient bien devoir tout de même partir en raison de cette taxe ?
Une distorsion de concurrence défavorable pour les entreprises situées en France pourrait découler de cette taxe dès lors que sa mise en œuvre se ferait sans concertation avec les autres grandes places financières.
Certaines sociétés françaises trop impactées pourraient décider de transférer une partie de leur activité ailleurs, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Des professionnels de la finance pourraient ne pas avoir d’autres choix que de suivre ces entreprises.

Quelle analyse faites-vous du maintien de cette taxe en dépit de ses répercussions négatives ?
Il s’agit avant tout d’une mesure de communication politique, à l’instar de la taxe qui prévoirait de taxer à 75% les Français les plus fortunés. Comme c’est souvent le cas, les effets d’annonces sont bien supérieurs au champ d’application.

Propos recueillis par Imen Hazgui