Interview de Eric Peltier : PDG de Novacyt

Eric Peltier

PDG de Novacyt

Nos diagnostics permettent de mieux cerner les dysfonctionnements d'une cellule, et donc d'adapter le traitement à chaque personne

Publié le 04 Octobre 2012

Présentez-nous Novacyt, la société de technologie médicale qui s’apprête à s’introduire sur Alternext…

Novacyt est spécialisée dans le diagnostic in vitro. Nous proposons une solution innovante et entièrement automatisée de dépistage du cancer du col de l’utérus, qui pourra être appliquée par la suite à d’autres diagnostics concernant d’autres organes.
Le cancer du col de l’utérus est une tragédie : 500 000 nouveaux cas par an dans le monde, 250 000 décès. Cette tragédie est évitable, car la progression de la maladie est lente et permet la détection de lésions précancéreuses. Si cette détection a lieu à temps on peut soigner et guérir la patiente dans 100% des cas. C’est pourquoi des programmes de dépistage ont été mis en place, d’abord en Europe et aux Etats-Unis, et aujourd’hui dans les pays émergents. Ces programmes s’adressent aux femmes entre 20 et 65 ans, voire au-delà, et consistent en un prélèvement (frottis) suivi d’un diagnostic in vitro.

Où en êtes-vous de votre développement ?

La création de la société remonte à 2006. Après une phase de Recherche-Développement, nous avons commencé à commercialiser nos produits en 2008. De 2009 à 2011, nous sommes restés très proches de nos premiers clients pour optimiser avec eux les produits. Cette période de retour d’expérience était pour nous essentielle, afin de mettre au point une solution de très haute technologie et accessible à tous. Pendant ces deux ans, nous avons procédé à plus d’un million de tests.
Aujourd’hui nous sommes prêts pour notre développement commercial, notamment à l’international. Nous visons en particulier le marché des BRICS, car c’est là qu’il faut vraiment intervenir. Le dépistage s’y met en place progressivement au travers de programmes de santé publique. Nous avons ainsi obtenu les autorisations de mise sur le marché en Russie et en Chine, en juin 2012, ce qui constitue pour nous une étape importante. Nous espérons croître rapidement sur ces nouveaux marchés, sans pour autant délaisser l’Europe (ndlr : les produit de la société sont déjà commercialisés en France et dans une dizaine de pays européens).

Et aux Etats-Unis ?

Nous ne souhaitons pas nous lancer tout de suite aux Etats-Unis. C’est un marché trop protectionniste où nous risquons de nous épuiser. Mais nous n’excluons pas d’y aller ultérieurement.

Qui sont vos principaux concurrents ?


Nos deux concurrents sont américains : Becton Dickinson et Hologic. Mais nous apportons deux innovations importantes sur le marché : d’une part, nos tests sont entièrement automatisés (ndlr : un « robot » effectue l’ensemble des analyses sur le prélèvement), d’autre part, nous employons une nouvelle méthode d’analyse cytologique qui permet d’extraire les cellules dites « d’intérêt », c’est-à-dire les plus intéressantes pour faire le diagnostic. Nous vendons cette solution innovante à un prix équivalent ou légèrement inférieur aux solutions existantes. Nous sommes donc bien positionnés.

Votre chiffre d’affaires a baissé en 2011 par rapport aux deux années précédentes (880 000 euros contre 1,2 million d’euros en 2010). Comment cela explique-t-il ?


Nous relativisons complètement notre chiffre d’affaires, qui jusqu’à présent n’était pas notre objectif principal. Comme je vous l’ai dit, notre objectif au cours des deux dernières années était d’optimiser notre produit. Nous n’avions pas de force commerciale, tout s’est fait par le bouche à oreille. Aujourd’hui, le développement commercial est la priorité.

Pourquoi cette introduction en Bourse ?


L’introduction en Bourse doit nous permettre deux choses : d’abord être visible, notamment auprès des distributeurs étrangers. Ensuite de lever de l’argent – environ 3,5 millions d’euros - pour notre expansion commerciale. Cet argent servira également à l’extension de notre gamme de produits, en adaptant nos tests à d’autres organes comme le sein ou la thyroïde.

Quelles sont vos perspectives en termes de chiffre d’affaires et de résultat ?

Nous ne souhaitons pas donner à ce stade de prévision chiffrée. Sachez simplement que le marché du dépistage du cancer du col de l’utérus est estimé aujourd’hui à un milliard d’euros dans le monde. Il est censé doubler au cours des dix prochaines années, avec la généralisation des programmes de dépistage dans les pays émergents.
Par ailleurs, nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’une « médecine personnalisée » dans laquelle nous nous inscrivons pleinement. Nos diagnostics permettent de mieux « cerner » les dysfonctionnements d’une cellule, et donc d’adapter le traitement à chaque personne. C’est un grand progrès.

Pour plus de détails sur l’introduction en bourse : cilquez ici.  Offre éligible au dispositif ISF-PME. Clôture des souscriptions : le 5 octobre à 17h.

Propos recueillis par François Schott