Interview de Jacques Souquet : Président fondateur de Supersonic Imagine

Jacques Souquet

Président fondateur de Supersonic Imagine

Nous souhaitons indiquer à nos investisseurs potentiels que nos perspectives d'expansion sont très bonnes compte tenu de l'impact clinique de nos innovations

Publié le 01 Avril 2014

Vous avez décidé de vous introduire en bourse. Pouvez-vous nous en expliquer la raison ?
Notre volonté principale est d’accroitre notre visibilité sur le marché en vue de favoriser la concrétisation de trois objectifs majeurs. Tout d’abord, l'expansion de notre réseau commercial international : aux Etats-Unis, en Europe, et en Chine qui devrait représenter un quart du marché mondial de l'échographie à ultrasons, devant les Etats-Unis, à l'horizon 2020. Ensuite, la maximisation du potentiel technologique de notre plateforme d’échographie Aixplorer avec la création d’une famille de produits couvrant différents segments de prix. Enfin, le développement d’une nouvelle génération d'échographe plus performante et modulaire (compacte et mobile).

Envisagiez-vous dès le départ de vous introduire en bourse en 2014 ?
Nous avons tenté de nous introduire en bourse il y a deux ans. Nous étions allés très loin dans notre démarche. Cependant la chute des marchés à la suite des élections grecques de l’époque avait interrompu notre cheminement. Nous avons alors décidé de nous porter sur le marché obligataire et nous avons levé 28 millions d’euros.

Vous escomptez une levée de fond d'environ 50 à 66 millions d'euros avec une émission initiale de 4.273.504 actions. Par ailleurs, un maximum de 5.651.708 nouvelles actions pourrait être atteint en cas d'exercice de l'intégralité de la clause d'extension et de l'option de surallocation. De quels paramètres dépendront l’actionnement de cette clause et de cette option ?
L’option de surallocation existe dès le départ. L’option d’extension sera décidée par le Conseil de surveillance et le directoire de la société. Ces deux options seront actionnées tout de suite après la levée de fonds.

Le prix unitaire indicatif de chaque action est compris dans une fourchette entre 11,70 et 14,30 euros. Comment êtes vous parvenus à cette fourchette ? A-t-elle été dès le départ la fourchette envisagée ? La fourchette a été établie à l’issue d’un processus relativement long. Nous avons commencé par présenter notre projet d’introduction aux analystes financiers des banques qui nous soutiennent-BNP Paribas, Société générale, Gilbert Dupont et Oddo. Ces derniers ont procédé, en toute indépendance, à une évaluation de notre valorisation et ont démarché de grands investisseurs pour confronter cette évaluation. Cette fourchette de 11,70 - 14,30 a été fixée dès le début.

Les principales conséquences de cette opération devraient être : un flottant entre 20% et 26% ; un produit net entre 46,1 et 60,9 millions d'euros ; une valorisation de la société entre 182 et 243 millions d'euros. Un commentaire ?
Nous confirmons ces chiffres proposés par le marché avec lesquels nous sommes en adéquation.

Bpifrance est actuellement le premier actionnaire avec 18,33% du capital et des droits de vote. De quelle manière a vocation à évoluer cette participation ?
Bpifrance nous a soutenu très en amont du développement de notre société, dans le cadre de l’appui apporté par le gouvernement dans le domaine de la santé et des équipements médicaux. A la suite de l’entrée sur le marché de la société, la participation de Bpifrance devrait descendre à 17,7% avant l’exercice des options de surallocation et d’extension et à 16,3% après. Ces variations sont purement mathématiques.

Vos principaux objectifs de résultats mis en avant sont les suivants :
Dans les cinq ans suivant la cotation : un résultat opérationnel à l'équilibre, une perte nette d'environ 12 millions d’euros ayant été essuyée en 2013.
D’ici 10 ans : la conquête d'environ 7% du marché mondial de l'imagerie par ultrasons ; une marge brute d'environ 60%  ; une marge brute d'exploitation (marge d'Ebitda) d'environ 20% du chiffre d'affaires.
Un commentaire ?

Notre stratégie est focalisée sur une croissance ce qui suppose de l’investissement. C’est ce qui explique notre cible d’un retour à la rentabilité à cinq ans. C’est donc une cible ambitieuse.

Aujourd’hui notre marge produit est à 40%. Dès lors que le volume devrait augmenter, le coût de fabrication des produits devrait diminuer, et cela devrait permettre d’accroitre la marge. Nous devrions également être en mesure de commercialiser de nouveaux produits avec un bon rapport qualité-prix.

Vous visez un marché potentiel de 3,7 milliards de dollars à l'horizon 2017, contre 1 milliard actuellement ?
Absolument. Grâce à nos produits et à notre structure commerciale, nous espérons pouvoir adresser une telle taille de marché dans 3 ans, à un moment où le marché de l’échographie sera de 7,3 milliards de dollars, contre 5,8 milliards en 2012.

Quel regard portez-vous sur l’engouement de la Bourse pour les valeurs biotechnologiques et pour le PEA PME ?

Nous avons une opinion positive du PEA PME qui permet aux particuliers d’investir dans des sociétés prometteuses comme la notre.

Nous ne sommes pas à proprement parler dans la biotechnologie mais dans les dispositifs médicaux. Je ne pense pas que nous puissions craindre une bulle dans ce dernier segment. Les équipements proposés sont tangibles et répondent à besoins réels importants.

Jusque là vous avez un seul accord de distribution exclusif, avec Hologic aux Etats-Unis. D’autres accords sont-ils dans le pipeline ?
Nous ne vendons à l’heure actuelle en direct qu’en France, en Allemagne et aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays nous avons une double structure commerciale : nos propres vendeurs, au nombre de 5, et un accord de distribution avec Hologic dans le créneau de la santé de la femme (imagerie du sein).
Partout ailleurs dans le monde, nous avons un réseau de 64 distributeurs avec lesquels nous avons un mixe de contrats exclusifs et non exclusifs.

Est-ce que vous et vos salariés sont actionnaires de votre société ?
Depuis le début de la création de l’entreprise nous avons proposé des stocks options et des BSPCE à nos salariés.

Un dernier mot pour vos actionnaires d’aujourd’hui et de demain ?
Nous voulons remercier nos actionnaires historiques, notamment dans les fonds de capital risque, pour leur confiance et leur soutien. Nous souhaitons indiquer à nos investisseurs potentiels que nos perspectives d’expansion sont très bonnes compte tenu de l’impact clinique de nos innovations.

Propos recueillis par Imen Hazgui