Interview de Michel Artières : PDG d'Ateme

Michel Artières

PDG d'Ateme

Nos clients nous font confiance pour encoder leurs contenus vidéo les plus prestigieux

Publié le 26 Juin 2014

ATEME est l’une des entreprises françaises les plus sollicitées pour la Coupe du Monde de football. En quoi consiste votre activité ?
ATEME est un spécialiste mondial de la compression vidéo. Nous avons développé des technologies complexes pour encoder, c'est-à-dire compresser tout format de contenu vidéo, à toutes les résolutions, pour tous les écrans de lecture. Pour pouvoir être diffusé sur vos écrans, le contenu vidéo doit en effet être obligatoirement compressé pour réduire la bande passante tout en préservant au mieux la qualité d’image. Nos clients sont des leaders de l'industrie – chaînes de télévision, diffuseurs, équipementiers réseaux - qui nous font confiance pour encoder leurs contenus vidéo les plus prestigieux, tels que les Jeux Olympiques, la Coupe du monde de football, les élections américaines ou Roland Garros, pour n'en citer que quelques-uns. Nous estimons que plus de la moitié des encodeurs actuellement utilisés pour le Mondial au Brésil sont de notre fabrication.

Pourquoi vous introduisez-vous en Bourse ?
Notre objectif est de lever entre 10 et 14,5 millions d’euros afin d’accélérer notre croissance et de conforter notre avance technologique. Nous sommes en effet les premiers acteurs du marché à avoir déjà vendu des solutions compatibles HEVC. Cette nouvelle norme de compression va remplacer progressivement les normes Mpeg 2 et Mpeg 4 actuellement utilisées. Avec un gain d’efficacité de 50% en termes de débit sur le réseau, elle permettra de nouveaux usages comme la distribution de vidéos Haute Définition sur mobiles et Ultra Haute Définition à la maison et au cinéma. Nous sommes en pôle position pour saisir l'opportunité formidable que représente le déploiement mondial de cette technologie. Cela peut nous permettre de tripler notre part de marché qui était de 2,5% en 2013. Nous visons 7 à 8% de part de marché en 2018, sachant que le marché est estimé à 900 millions d’euros en 2013 et pourrait atteindre 1,4 milliard en 2018, selon le cabinet Frost & Sullivan.

Qui sont vos concurrents ?

Le marché de la compression vidéo est aujourd’hui dominé par les gros équipementiers télécom tels que Cisco ou Ericsson. Pour eux il s’agit d’une « brique » dans une offre beaucoup plus large. Mais il arrive que leurs propres clients leurs demandent d’intégrer nos solutions de compression plutôt qu’une solution ‘standard’. Peu de nos concurrents ont en effet développé leur technologie de compression en interne, comme nous l’avons fait. Cela fait dix ans que notre équipe de recherche travaille sur les algorithmes de traitement du signal vidéo et propose la meilleure qualité de compression. C’est ce qui nous a permis de séduire les plus grandes chaînes.

Vous avez publié en 2013 une perte nette d’1,6 million d’euros pour un chiffre d’affaires de 20,6 millions. Quelles sont vos perspectives de rentabilité ?

Nous avons volontairement réalisé d’importants investissements tant en R&D qu’au niveau marketing et commercial afin de finaliser notre offre HEVC et de préparer notre croissance future. Cela s’est traduit logiquement par une perte d’exploitation d’environ un million d’euros l’année dernière. Je tiens toutefois à souligner que nous étions rentables en 2012 et que nous l’avons été régulièrement au cours des 10 dernières années. La croissance que nous allons générer dans les prochaines années va nous permettre d’amortir rapidement ses investissements, pour d’abord retrouver l’équilibre et ensuite viser en 2018 une marge opérationnelle à deux chiffres.

Propos recueillis par François Schott