Interview de Laurent Rousseau : PDG d'Oceasoft

Laurent Rousseau

PDG d'Oceasoft

Nous pensons que c'est le bon moment pour faire appel au marché

Publié le 14 Janvier 2015

Oceasoft, société montpelliérenne créée en 1999, a lancé une offre ouverte au public et un placement global à l'occasion de son introduction sur Alternext. L'offre a démarré le 8 janvier et se terminera le 22 janvier, pour une première cotation prévue le 28 janvier. L'entreprise espère lever 7,5 millions d'euros sur la base d'un prix median de 9 euros par action.

Océasoft évolue sur le marché en plein essor des objets connectés. Dans quel domaine la société s’est-elle spécialisée ?

Nous concevons et commercialisons des capteurs intelligents à destination des secteurs de la santé et de l’agroalimentaire, et courant 2015 pour l’environnement. Nos capteurs mesurent par exemple la température des poches de sang ou des vaccins lors du stockage ou de leur transport, la pression différentielle dans des blocs opératoires, la teneur en CO2 dans des incubateurs destinés à la fécondation in vitro, etc. Sur le marché de l’agroalimentaire, nous sommes positionnés principalement sur la problématique de la chaîne du froid pour des producteurs, des industriels de l’agroalimentaire, des acteurs de la grande distribution ou de la restauration hors foyer. Le fait que nos capteurs soient « intelligents », c’est-à-dire connectés, apporte une simplification des process industriels et une garantie de surveillance et de traçabilité 24h/24, 7j/7. L’enjeu pour nos clients est d’abord réglementaire, avec des obligations de plus en plus strictes en matière de process et de contrôle qualité. Mais il est aussi économique : un fabricant de vaccins peut conserver plusieurs millions d’euros de vaccins dans une chambre froide. Il doit pouvoir détecter tout problème, via des outils simples et ergonomiques (applications pour smartphones notamment).

Quelle est la taille de ce marché ?
Le marché des capteurs connectés industriels pour les sciences de la vie est évalué à environ un milliard d’euros au niveau mondial. Nous n’adressons qu’une partie de ce marché, au travers de la mesure de paramètres physiques (température, pression, CO2…). Quant à l’agroalimentaire, représenté essentiellement par la surveillance de la chaîne du froid, c’est un marché mondial estimé à 900 millions d’euros.

Vous avez communiqué un objectif de 18 millions de chiffre d’affaires en 2017, contre 4,6 millions l’année dernière. Comment comptez-vous y parvenir ?
Notre croissance au cours des cinq dernières années a été de 22% par an en moyenne, dont 25% sur le dernier exercice 2013/14. Aujourd’hui nous observons une accélération très nette de la demande, en France et à l’étranger, et nous pensons que c’est le bon moment pour faire appel au marché. Plus de la moitié des fonds levés lors de l’IPO (ndlr : la société veut lever entre 7,5 et 9,9 millions d’euros) vont nous permettre de renforcer notre présence commerciale internationale avec la création de quatre filiales, dont une aux États-Unis dès 2015, deux en Asie du sud-est et une en Inde. Nous allons également renforcer notre partenariat avec Thermo Fisher Scientific, numéro un mondial des équipements pour les sciences de la vie, qui commercialise certains de nos produits auprès des laboratoires du monde entier. Nous allons également nous lancer en 2015 sur un nouveau marché, celui de l’environnement, au travers de la mesure des émissions de CO2 dans l’air ou de paramètres chimiques permettant d’évaluer la qualité des sols, de l’eau, etc. Nous sommes en contact avec des industriels mais aussi avec des municipalités et des organismes publics soucieux de la qualité de l’environnement. Il s’agit d’un marché de près de 2 milliards d’euros en forte croissance.

Quels sont vos objectifs de rentabilité ?
Dans le cadre de notre processus d’introduction en Bourse, nous nous sommes abstenus de communiquer des objectifs chiffrés. Toutefois, en 2013/2014, notre niveau de marge (Ebitda) était de 19,3%, notre marge nette de 9,0% et la société est bénéficiaire depuis 7 ans. Les importants investissements commerciaux, marketing et de R&D prévus au cours des trois prochaines années pour multiplier par 4 notre chiffre d’affaires, devraient logiquement se refléter dans nos résultats après un infléchissement temporaire lié aux recrutements et à l’ouverture de filiales.




Propos recueillis par François Schott