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Interview de Blandine  Fischer  : Directrice du Salon Actionaria

Blandine Fischer

Directrice du Salon Actionaria

Salon Actionaria : les biotechs et le crowdfunfing, les deux thématiques vedettes de l'édition 2015

Publié le 19 Novembre 2015

Quels principaux enjeux ont dicté le programme du Salon Actionaria de cette année 2015 qui doit se dérouler les 20 et 21 novembre ?
Nous avons voulu creuser le sillon entamé il y a trois ans consistant à œuvrer dans le sens d’une pédagogie accrue sur ce lien de correspondance direct entre l’investissement dans l’économie réelle et l’investissement en bourse. Selon notre dernière étude réalisée avec l’institut de sondage OpinionWay, les Français pensent peu à l’investissement en bourse lorsqu’ils songent à l’investissement en entreprise. 41% des Français ne savent pas par quel biais investir dans l’économie. 15% d’entre eux pensent en premier lieu au crowdfunding avant d’envisager le marché boursier. Ces chiffres témoignent du fait qu’il y a encore énormément de travail à faire pour amener les Français à mieux faire le lien entre financement de l’économie et placement boursier.

Un phénomène très marquant cette année réside dans la forte présence des sociétés moyennes ?

La volonté affichée par ces sociétés d’aller à la rencontre des investisseurs individuels ne parait pas étonnante lorsque l’on considère que 9 milliards d’euros ont été levés sur le marché par les PME/ETI en 2014, que 31 sociétés ont fait leur apparition sur la cote l’année dernière contre 27 sociétés jusque là en 2015.
Parmi ces sociétés moyennes, les sociétés biotechs/medtechs ont la part belle…
Effectivement. 23 sociétés appartenant à ce secteur ont demandé à tenir un stand au Salon, ce qui représente 65% du plateau.
Une table ronde a même été organisée en vue de parler des risques et des perspectives de gain à espérer dans ce secteur. De par leur business model spécifique, les sociétés de ce segment d’activité sont difficiles à évaluer. Les critères d’analyse ne sont pas communs. L’idée est alors de donner aux investisseurs les clés pour se bien se positionner sur les valeurs.

Comment expliquez-vous le vif intérêt des biotechs/medtechs pour ce Salon ?

Là aussi, il n’y a pas grand-chose de surprenant lorsque l’on sait qu’entre 2010 et 2015, 35 sociétés du secteur ont fait leur entrée en Bourse. La capitalisation boursière est ainsi passée de 2 milliards d’euros il y a cinq ans à 8,5 milliards d’euros aujourd’hui. Les sociétés biotechs/medtechs ont pleinement conscience de l’importance que recouvrent les investisseurs individuels dans leur actionnariat.

Une autre thématique à l’honneur du Salon de cette année concerne le crowdfunding ?
Absolument. Nous avons en cela noué un étroit partenariat avec SmartAngels. Une trentaine de start-ups ont été conviées pour présenter à de multiples reprises pendant les deux jours de l’évènement leur activité sous forme de pitch d’une minute. Ce format dynamique nous a paru adapté à ce type d’entreprise habitué à s’adresser à des investisseurs de tous horizons.

Pourquoi une telle mise à l’honneur ?

Le volume de fonds levés par l’intermédiaire du crowdfunding a été multiplié par deux entre 2013 et 2014. De 76 millions d’euros, il est monté à 152 millions d’euros.
Au Royaume-Uni, les fonds mobilisés à travers les différentes plateformes de crowdfunding sont parvenues à collecter 1,8 milliard d’euros. Cela suppose que la marge de progression au sein de l’Hexagone est considérable. Parler du crowdfunding dans un Salon tel que celui d’Actionaria est une manière de participer à la montée en puissance de cette forme de financement des entreprises.

Y a-t-il des sujets qui vous tenaient à cœur et que vous avez du délaisser par faute de place ou de temps ?

Nous avons pour ambition d’offrir le plus grand choix de sujets aux visiteurs du Salon. Nous sommes allés jusqu’à mettre en place deux conférences de dernière minute : la première sur la Cop 21 avec des directeurs de développement durable de grandes sociétés comme Total, EDF et Suez ; la seconde sur la place de l’investisseur individuel au sein de l’économie, avec notamment Jean Hervé Lorenzi. Nous n’avons ainsi pas de regret sur ce qui aurait pu être fait .

Avec quel état d'esprit attendez-vous aujourd'hui le déroulement de ce salon ?
Craignez-vous que les évènements dramatiques survenus la semaine dernière entachent la fréquentation du Salon ?
Il est très hasardeux de se prononcer sur quelle sera l’ampleur du visitorat du Salon de cette année. Nous devons avouer avoir remarqué, sans surprise, un ralentissement du rythme des inscriptions depuis les incidents dramatiques survenus la semaine dernière. En cela, il est très probable que la fréquentation du Salon soit affectée.
Cependant nous restons, pour l’instant, sur un trend satisfaisant. Nous avons cessé toute communication autour du Salon ce week-end et lundi afin de respecter la période de deuil. Pour autant, les inscriptions se sont poursuivies.

L’ensemble des exposants ont décidé de continuer à jouer le jeu. Nous n’avons enregistré aucune annulation. Les présidents censés prendre la parole à l’occasion des nombreuses agoras et dans les réunions d’actionnaires ont également décidé de ne pas se désister. Nous pouvons penser de ce fait que la répercussion de ces évènements tragiques sera limitée. Nous pouvons même espérer avoir une meilleure qualité de visitorat dans la mesure où les investisseurs qui se déplaceront auront de véritables problématiques, n’hésiteront pas à poser leurs questions et chercheront à obtenir des réponses.

Quelles mesures ont été particulièrement prises pour sécuriser les lieux?

Nous nous sommes attachés ces derniers jours à renforcer substantiellement la sécurité des lieux. Nous avons multiplié le nombre de vigiles, fait appel à un à un maitre-chien, installé des détecteurs de métaux au niveau desquels tout visiteur devra passer, et avons agrandi le vestiaire de sorte que tous les participants au Salon devront laisser leurs affaires.

Propos recueillis par Imen Hazgui