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Interview de Dag  Messelt  : Spécialiste des investissements des pays nordiques chez Alfred Berg Kapitalforvaltning, filiale de  BNP Paribas Asset Management

Dag Messelt

Spécialiste des investissements des pays nordiques chez Alfred Berg Kapitalforvaltning, filiale de BNP Paribas Asset Management

Suède, Finlande, Danemark, Norvège : l?appétit des investisseurs pour les actions des pays nordiques est grandissant

Publié le 27 Novembre 2017

En quoi consiste l’univers d’investissement du fonds Parvest Equity Nordic Small Cap ?
L’univers d’investissement se compose de small et mid caps de quatre principaux pays nordiques, la Suède, la Finlande, la Norvège et le Danemark. Cet univers représente environ 360 milliards d’euros répartis entre 600 valeurs.

Quels sont les principaux filtres que vous utilisez dans votre stratégie d’investissement ?

Nous travaillons beaucoup sur le momentum de révision des bénéfices par action. Plus la tendance de la révision des bénéfices par action est haussière pour une société, plus notre intérêt pour le titre en capital de cette société est important.
Par ailleurs, nous prêtons une attention particulière à la valorisation boursière, notamment au rapport entre valorisation et croissance des bénéfices.
Le critère de liquidité est également crucial. Nous analysons l’historique du volume traité dans le marché. Nous apprécions à partir de cette analyse le laps de temps qui nous est nécessaire pour sortir du titre le cas échéant. Nous évitons les titres qui nous paraissent trop peu liquide.

En quoi consiste le principal avantage compétitif de votre stratégie d’investissement ?

L’univers des small et mid caps est naturellement assez peu couvert par les analystes externes. Celui des pays nordiques l’est encore moins.
Nous jouissons d’un gros travail de recherche effectué par notre équipe sur place dans plusieurs capitales Nordiques qui se déplace beaucoup pour rencontrer les dirigeants d’entreprises. Près de 400 meetings sont organisés tous les ans.
Ainsi nous avons la faculté d’avoir un bon aperçu de l’avancée de l’exécution du business plan des sociétés, afin de réaliser une bonne estimation des bénéfices futurs.

De combien de lignes se compose le portefeuille ?

Le fonds se compose d’environ 95 lignes afin de saisir le plus grand nombre d’opportunités et de dilution du risque. Suite à des prises de bénéfices, et dans une démarche d’affinement de notre allocation, nous sommes en train de réduire le nombre de lignes à environ 80.

Une thématique phare du portefeuille est l’innovation. Comment faites-vous pour jauger la probabilité d’une success story ?

Nous avons justement rédigé une étude sur l’innovation dans les pays nordiques pour évoquer ce sujet.
Nous nous efforçons d’identifier si la société est dotée d’un avantage par rapport à son innovation. Nous évaluons le degré d’attractivité que peut avoir une innovation auprès du public auquel elle s’adresse. Nous tachons aussi de déterminer quelle est la position compétitive de la société.

Vous fiez-vous au ratio de dépenses en matière de Recherche et Développement ?

Nous appréhendons effectivement ce ratio. Toutefois, le concept d’innovation dans les pays nordiques va au-delà des dépenses de R&D. Ce concept est entendu dans un sens large. Il peut faire écho aux moyens donnés à la population de traiter ses démarches administratives, à la manière dont sont pris en charge des malades dans des centres hospitaliers…

Quels biais représentent actuellement la composition du fonds ?

Plus de la moitié du portefeuille se compose de sociétés d’une capitalisation de moins de 1 milliard d’euros. Les sociétés d’une capitalisation de plus de 3 milliards d’euros représentent seulement 4% du portefeuille.
La Suède représente une dominante géographique, à hauteur de plus de 50% du portefeuille. Cela s’explique assez logiquement étant donné que c’est en Suède que se trouve la plus importante capitalisation boursière au sein des pays nordiques.
Les spécificités sectorielles sont très dépendantes de la zone géographique. Ainsi le secteur de l’industrie technologique jouit d’un bel élan en Suède. En témoigne les exemples de Spotify, Snapshat, Candy Crush…
Le secteur du médical est également très en pointe en Suède et au Danemark. Les activités liées à l’élevage de saumons et aux ressources pétrolières sont particulières à la Norvège tandis que la Finlande se caractérise davantage par des opportunités dans le secteur industriel.

Quel est le taux de rotation du portefeuille ?

Historiquement ce taux est relativement faible. Toutefois, le fonds rencontre un franc succès depuis le début de l’année avec une augmentaion du capial géré. Dès lors le taux de rotation a remonté.

Comment expliquez-vous ce franc succès ?

L’appétit des investisseurs s’explique à mon sens par plusieurs facteurs. En premier lieu, un facteur structurel. Les actions des pays nordiques ont un bon track record de performance qui se justifie par une forte progression bénéficiaire en ligne avec la croissance économique des Etats. En outre le caractère innovant que présente les small et mid caps des pays nordiques leur permet, grâce à un puissant levier opérationnel, de s’inscrire assez rapidement dans un phénomène d’expansion.

Par ailleurs, une autre raison plus conjoncturelle semble justifier cet appétit. Il apparait que de nombreux investisseurs ont fait le choix de délaisser les actions britanniques en raison du Brexit et de s’orienter en conséquence vers les actions des pays nordiques pour compléter leur allocation en Europe dans d’autres devises que l’euro.

L’appétit grandissant pour les actions des pays nordiques devrait perdurer ?

Si on suppose que les deux moteurs précités ont vocation à durer dans le temps, alors nous pouvons effectivement admettre que l’orientation des investisseurs vers les actions des pays nordiques devrait se prolonger.

Quels principaux risques présente cet univers d’investissement ?

Le principal risque réside probablement dans un ralentissement économique global. Ce n’est pas du tout notre scénario central.
Si nous avons une correction violente sur les principaux marchés actions, les mid et small caps nordiques seront vraisemblablement plus impactées que les grandes multinationales.
Certaines craintes sont nourries a propos de l’état du marché immobilier nordique. La situation peut paraitre effectivement préoccupante dans certains segments du marché résidentiel. Il n’en est pas de même sur le marché non résidentiel. Or les sociétés du secteur résidentiel sont peu présentes en Bourse.

Propos recueillis par Imen Hazgui