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L'UE devrait mettre en garde Thyssenkrupp et Tata Steel

Publié le 11 Février 2019

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L'UE devrait mettre en garde Thyssenkrupp et Tata Steel

L'UE devrait mettre en garde Thyssenkrupp et Tata Steel

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par Foo Yun Chee

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne va avertir cette semaine Thyssenkrupp et Tata Steel qu'elle pourrait opposer son veto à leur projet de fusion de leurs activités sidérurgiques en Europe s'ils ne proposent pas des concessions sur le plan de la concurrence, ont déclaré lundi à Reuters des personnes proches du dossier.

L'exécutif européen va adresser aux groupes allemand et indien une communication des griefs, ont dit les sources. Lors de l'examen d'un projet de fusion ou de rachat, un tel document permet à l'exécutif européen d'exposer ses inquiétudes en matière de concurrence. Les entreprises concernées doivent alors proposer des remèdes précis sous peine de voir leur projet bloqué.

Thyssenkrupp a dit s'attendre à recevoir une telle communication de la part de la Commission européenne dans le courant de la semaine. Le conglomérat allemand a ajouté que cette initiative était prévue et servirait de base à de futures discussions.

"Dès lors que la communication des griefs sera arrivée, nous examinerons en détail les arguments de la Commission européenne", a dit un porte-parole de Thyssenkrupp, ajoutant que le groupe restait confiant dans la finalisation de cette opération en ce début d'année 2019.

NUMÉRO DEUX EN EUROPE

Ce projet de coentreprise, annoncé en juin 2018, devrait bouleverser le secteur sidérurgique en Europe. Si elle voit le jour, cette entité baptisée Thyssenkrupp Tata Steel emploierait environ 48.000 personnes et réaliserait un chiffre d'affaires aux alentours de 17 milliards d'euros.

La Commission européenne, qui a bloqué la semaine dernière le projet de mariage d'Alstom et de Siemens dans le ferroviaire, n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaires. Il n'a pas été possible d'obtenir de réaction de Tata Steel dans l'immédiat.

L'action Thyssenkrupp a perdu jusqu'à 1,9% à la suite de l'information de Reuters, tombant à un plus bas depuis le 17 février 2016 à 14,15 euros. Elle a ensuite effacé ses pertes et gagnait 0,42% à 14,48 euros vers 14h10 GMT en Bourse de Francfort.

L'accord entre les groupes allemand et indien, qu'ils ont mis deux ans à conclure, vise à créer des synergies, à réduire les surcapacités et à donner naissance au numéro deux de la sidérurgie en Europe, derrière ArcelorMittal.

La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur cette opération et elle a identifié des problèmes de concurrence dans l'acier pour les pièces automobiles, pour les conditionnements, notamment pour les aliments et les produits aérosols, et pour certains types de produits d'ingénierie électrique comme les transformateurs.

Elle doit rendre sa décision d'ici le 29 avril.

Le veto de la Commission au rapprochement entre Alstom et Siemens a été vivement critiqué, notamment en France, qui compte proposer avec l'Allemagne un changement des règles européennes de la concurrence.

(Avec Tom Käckenhoff à Düsseldorf, Christoph Steitz à Francfort et Maytaal Angel à Londres; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)

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