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Les craintes de récession font replonger les Bourses

Publié le 14 Août 2019

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Les craintes de récession font replonger les Bourses

Les craintes de récession font replonger les Bourses

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par Veronique Tison

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse mercredi et Wall Street suit le même chemin, les inquiétudes sur l'impact de la guerre commerciale sino-américaine reprenant le dessus avec la publication d'indicateurs décevants en Chine et en Allemagne.

Les signaux d'alarme viennent aussi du marché obligataire américain où la courbe des rendements à deux et 10 ans s'est brièvement inversée pour la première fois depuis 2007, signe que la première économie mondiale pourrait se diriger vers une récession.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 2,08% à 5.251,3 points. Le Dax allemand a perdu 2,19% et le Footsie britannique 1,42%.

L'indice EuroStoxx 50 a cédé 2,04%, le FTSEurofirst 300 1,62% et le Stoxx 600 1,68%.

L'ensemble des marchés boursiers mondiaux a été impacté par les craintes de ralentissement de la croissance, l'indice MSCI Monde reculant de 1,74% et celui des marchés émergents de 0,52%.

L'inversion de la courbe des rendements aux Etats-Unis remet la pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle réduise encore ses taux en septembre après une première baisse, d'un quart de point, annoncée le 31 juillet.

Le président Donald Trump a encore été de son tweet pour répéter que la banque centrale avait agi "beaucoup trop vite" en relevant ses taux précédemment et son conseiller au commerce Peter Navarro a réclamé un assouplissement d'un demi-point "très rapidement."

Les investisseurs espèrent des indications sur la trajectoire des taux à l'occasion du symposium annuel de la Fed la semaine prochaine à Jackson Hole, dans le Wyoming, qui marque traditionnellement la rentrée des banques centrales.

Selon le baromètre FedWatch de CME Group, les traders situent à 68,8% la probabilité d'une nouvelle baisse de taux de 25 points de base aux Etats-Unis le mois prochain.

VALEURS

Tous les indices sectoriels Stoxx ont fini dans le rouge, les plus fortes baisses étant pour les technologiques (-3,00%), les valeurs de l'automobile (-2,81%) et les banques (-2,59%).

A Paris, ArcelorMittal a rechuté de 7,82%, la plus forte baisse du CAC, après en avoir signé mardi la meilleure performance. Danone (+1,21%) et Sanofi (+0,04%) ont été les deux seules valeurs de l'indice à finir dans le vert grâce à des relèvements de recommandation, d'UBS et Exane BNP Paribas respectivement.

Avec l'action cotée à Amsterdam d'Unilever, Danone et Sanofi sont aussi les seules valeurs de l'EuroStoxx 50 à finir en territoire positif.

A WALL STREET

Les indices à New York sont eux aussi en nette baisse à l'heure de la clôture européenne, faisant plus qu'effacer les gains engrangés la veille après une accalmie sur le front de la guerre commerciale USA-Chine.

L'indice Dow Jones chute de 2,41% à 25.646,97 points et le Standard & Poor's 500, plus large, décroche de 2,44% à 2.855,01 points.

Le Nasdaq Composite abandonne pour sa part 2,64% à 7.805,03.

Apple retombe de 2,4% après ses gains de plus de 4% la veille et l'indice du secteur bancaire chute de 3,7% dans le sillage des rendements obligataires, entraînant l'indice plus large du secteur financier (-3,0%).

LES INDICATEURS DU JOUR

La production industrielle chinoise, en hausse de 4,8% sur un an en juillet, est à son plus bas niveau depuis 17 ans et les ventes au détail sont également ressorties inférieures au consensus.

En Allemagne, l'économie s'est comme attendu contractée de 0,1% au deuxième trimestre, entraînant un ralentissement de la croissance de la zone euro à 0,2%, deux fois moins qu'au premier trimestre.

Aux Etats-Unis, les prix à l'importation ont enregistré une hausse inattendue de 0,2% en juillet, mais sans remettre en cause leur tendance de fond qui dénote toujours une modération des pressions inflationnistes importées.

CHANGES

Avec les inquiétudes sur la croissance, le yen bénéfice de nouveau de son statut de valeur refuge et s'apprécie de 0,9% face au dollar, à 105,75. La devise nippone avait abandonné mardi 1,4% - son plus fort repli en une séance depuis mars 2018 - en réaction au report des droits de douane américains sur une partie des importations chinoises.

Face un panier de devises internationales, le dollar reste ferme cependant, en hausse de 0,1%, ce que les cambistes expliquent par les fondamentaux encore plus mauvais dans d'autres économies du G10. L'euro/dollar abandonne ainsi 0,25% à 1,1140 dollar à la clôture en Europe.

"Tout est bien sombre à travers le globe", constate John Doyle, responsable du trading chez Tempus à Washington. L'inversion de la courbe des rendements est un "indicateur majeur de récession, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni se dirigent vers une récession et les statistiques chinoises du jour sont incroyablement mauvaises."

TAUX

Sur le marché américain, l'écart entre le rendement des Treasuries à deux ans et celui des titres à dix ans est tombé jusqu'à -2,1 points de base, du jamais vu depuis juin 2007 au début de la crise des "subprime", avant de remonter pour s'afficher à +1,4 point.

Le rendement des emprunts d'Etat américains à 30 ans est tombé dans le même temps à un nouveau plus bas historique de 2,015% et le mouvement s'est propagé au marché européen, le rendement allemand à dix ans inscrivant lui aussi un plus bas à -0,641%.

En milieu de journée le rendement des Treasuries à 10 ans revenait à 1,586%, contre 1,68% jeudi soir, et celui du papier à 30 ans s'inscrivait à K2,04% contre 2,137%.

"Les gens sont de plus en plus convaincus que la croissance mondiale ralentit et commencent à percevoir des signes de contagion aux Etats-Unis", commente Gennadiy Goldberg, stratège taux chez TD Securities à New York. "La bonne tenue des échéances de plus long terme suggère des doutes sur la capacité des banques centrales à pouvoir faire quelque chose."

PÉTROLE

Les cours du pétrole accusent aussi de fortes pertes, pénalisés par les statistiques chinoises et par l'annonce d'un gonflement inattendu des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière.

Le contrat septembre sur le brut léger américain perd 4,92% à 54,29 dollars le baril, contre un pic à 57,47 mardi. Le Brent de mer du Nord chute de 4,37% à 58,62 dollars, effaçant ses gains de mardi.

MÉTAUX PRÉCIEUX

Avec le retour de l'aversion au risque, l'or évolue en sens inverse de mardi et regagne 0,7% à 1.512,01 dollars l'once.

A SUIVRE JEUDI :

Huit indicateurs américains et les résultats de Walmart sont au programme de la journée du 15 août, dont l'agenda est en revanche clairsemé en Europe.

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Reuters