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L'Europe ploie sous le coup du coronavirus malgré la hausse du pétrole

Publié le 03 Avril 2020

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L'Europe ploie sous le coup du coronavirus malgré la hausse du pétrole

L'Europe ploie sous le coup du coronavirus malgré la hausse du pétrole

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par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse vendredi et Wall Street recule à mi-séance malgré la nette hausse des cours pétroliers, les incertitudes liées au coronavirus, dont les dommages sur l'économie s'accumulent, ayant incité les investisseurs à se replier sur les actifs jugés plus sûrs.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,57% à 4.154,58 points. Le Footsie britannique a rétrocédé 1,18% et le Dax allemand a perdu 0,47%.

L'indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,95%, le FTSEurofirst 300 de 0,96% mais le Stoxx 600 0,97%.

Sur la semaine, le CAC a perdu 4,53% mais le Stoxx 600 seulement 0,59%.

Après une ouverture hésitante, Wall Street s'enfonçait plus nettement dans le rouge au moment de la clôture en Europe: le Dow Jones reculait de 1,98% et le S&P 500 de 1,94%. De son côté, le Nasdaq composite perdait 1,4%.

Pour la première fois depuis près de dix ans, l'économie américaine a détruit des emplois en mars, 701.000 contre 100.000 attendu par le consensus. Ce chiffre reflète partiellement l'impact du coronavirus sur le marché du travail aux Etats-Unis, les données ayant été collectées seulement jusqu'à mi-mars.

"Les chiffres du jour sont largement en-dessous des attentes du consensus et n'augurent rien de bon pour les chiffres d'avril, qui pourraient s'approcher des 10 millions de destructions d'emplois", a déclaré John Plassard chez Mirabaud.

"La situation de l'emploi semble donc plus inquiétante que préalablement suggéré si on s'accorde pour affirmer que le pic du coronavirus est loin d'être atteint aux Etats-Unis."

Par ailleurs, la croissance du secteur américain des services a ralenti en mars pour revenir à son plus bas niveau depuis août 2016 et en Europe, la chute de l'activité dans les service a été plus importante qu'annoncé en première estimation.

L'épidémie a contaminé plus d'un million de personnes et 53.000 morts dans le monde. Aux Etats-Unis, l'Etat de New York, le plus touché par le virus, a comptabilisé 562 décès supplémentaires en 24 heures, son bilan quotidien le plus lourd.

D'après la banque américaine Morgan Stanley, l'économie américaine pourrait reculer de 5,5% en 2020, sa baisse la plus prononcée depuis 1946, avec une contraction de 38% prévue pour le deuxième trimestre.

PÉTROLE

La perspective d'un accord pour réduire l'offre mondiale du brut porte les cours pétroliers. L'Opep et ses alliés discutent d'une réduction de l'offre de 10% de la demande globale, a-t-on appris de source proche de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, après l'appel de Donald Trump à interrompre la chute des prix du baril provoquée par la pandémie de coronavirus.

"Il semble finalement y avoir un consensus sur la nécessité d'une action coordonnée face à une surproduction extraordinaire (...) mais il faudra sans doute des signes tangibles de progrès assez rapidement si l'on veut éviter de tester les récents plus bas", a déclaré Callum Macpherson, analyste en matières premières chez Investec.

Le Brent grimpe de 9,29% à 32,72 dollars après avoir bondi de 21% jeudi et le baril de brut léger américain (WTI) gagne 5,49% à 26,71 dollars après une envolée de 24,7% la veille.

VALEURS

Les sociétés financières européennes, banques comme assureurs, ont nettement reculé alors que les annonces de suspension du dividende se multiplient. BNP Paribas a ainsi perdu 5,03% après avoir dit qu'elle ne verserait pas de rémunération à ses actionnaires au titre de 2019.

Axa et CNP Assurances ont perdu respectivement 4,58% et 9,53% alors que l'autorité européenne du secteur a appelé assureurs et réassureurs à suspendre leurs dividendes comme leurs rachats d'actions et à envisager un report des bonus.

L'indice Stoxx de l'assurance accuse la plus forte baisse sectorielle du jour en Europe (--4,06%).

En dépit de la forte hausse du brut, Total a perdu plus de 7%.

CHANGES

Malgré l'accumulation des mauvaises statistiques sur l'emploi aux Etats-Unis, le dollar reste porté par son statut de valeur refuge. Il progresse de 0,5% face à un panier de référence et s'achemine vers une hausse supérieure à 2% sur la semaine.

"Les craintes de récession mondiale terrifient les marchés (...), c'est pourquoi le dollar se maintient plutôt bien et pourrait être en mesure de s'apprécier un peu plus", ont déclaré les analystes de Commerzbank.

L'euro (-0,55%) est ainsi retombé à un plus bas d'une semaine à 1,0771.

TAUX

Les rendements obligataires sont en baisse avec la perte d'appétit des investisseurs pour le risque: celui des Treasuries à dix ans cède cinq points de base à 0,5776%. Son équivalent allemand a fini en recul plus modéré à -0,441% après être descendu à -0,46%.

(Laetitia Volga, édité par Marc Angrand)

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