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L'Europe en net repli, l'Ukraine et la Fed incitent à la prudence

Publié le 24 Janvier 2022

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L'Europe en net repli, l'Ukraine et la Fed incitent à la prudence

L'Europe en net repli, l'Ukraine et la Fed incitent à la prudence

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par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en très forte baisse lundi et Wall Street évoluait également nettement dans le rouge à la mi-séance dans un contexte de prudence lié aux tensions géopolitiques en Ukraine et à l'attente des décisions de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui se réunit mardi et mercredi.

À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 3,97% à 6.787,79 points, sa plus forte baisse depuis le 24 février 2020. Le Footsie britannique a abandonné 2,63% et le Dax allemand 3,8%.

L'indice EuroStoxx 50 a reflué de 4,14%, le FTSEurofirst 300 de 3,61%. Le Stoxx 600, en baisse de 3,81%, a essuyé sa plus mauvaise séance depuis le 18 mars 2020.

L'Otan a placé lundi ses forces en état d'alerte et décidé d'envoyer des renforts en Europe de l'Est sur fond de crise ouverte entre la Russie et les puissances occidentales qui redoutent une opération militaire russe en Ukraine. [L8N2U4027]

Une partie du personnel diplomatique en Ukraine des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne a en outre été évacuée.

Sur les marchés financiers, l'indice de la volatilité en Europe, aussi appelé l'"indice de la peur", a bondi de 34,9%, au plus haut depuis janvier 2020, tandis que son équivalent américain avance de 25%.

"L'Ukraine est clairement un sujet d'inquiétude qui pèse sur les marchés aujourd'hui", a déclaré Darren Schuringa, directeur général d'ASYMmetric ETFs. "Cela continuera de peser sur les marchés dans un avenir prévisible jusqu'à ce que l'on parvienne à une sorte de règlement et davantage de clarté sur l'issue de la situation."

Aux tensions géopolitiques s'ajoutent les incertitudes sur la politique monétaire de la Fed, qui se réunit mardi et mercredi, notamment ses intentions en matière de relèvement des taux et de réduction de son bilan.

L'attente sur ces décisions a fait plonger la semaine dernière le Nasdaq sous sa moyenne mobile à 200 jours, une première depuis avril 2020.

La publication cette semaine d'une salve de résultats de poids lourds de l'économie incite également à la prudence. Le marché attend notamment ce lundi les comptes trimestriels d'IBM et entre mardi et jeudi ceux d'Apple, Microsoft, Tesla et Intel.

VALEURS EN EUROPE

En Europe, l'indice du transport et des loisirs, en repli de 5,4%, a accusé sa pire performance en une séance depuis le 17 mars 2020. Le compartiment technologique (-5,7%) a pour sa part affiché son recul le plus important depuis le 18 mars 2020.

Le secteur des matières premières, en baisse de 4,8%, a également souffert dans le sillage du recul marqué des cours des métaux de base, comme le nickel et le cuivre.

Aux valeurs, dans le transport aérien, Air France-KLM a cédé 3,1%, IAG 6,5% et Ryanair 3,2%.

Coté hautes technologies, Worldline a reflué de 7,2%, Infineon de 6,1% et ASML de 7%.

Parmi les valeurs en hausse, Vodafone a gagné 4,5% après les informations de Reuters sur des discussions avec Iliad en Italie.

Orange a avancé pour sa part de près de 1%, des sources proches du dossier ayant indiqué dimanche à Reuters que Christel Heydemann était sur le point de prendre la direction générale de l'opérateur.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones reculait de 2,6%, le Standard & Poor's 500 de 3,2% et le Nasdaq de 3,9%.

Si la tendance se confirme à la clôture, après le Nasdaq la semaine dernière, le S&P pourrait à son tour essuyer ce lundi une correction, définie par une baisse d'au moins 10% entre un point haut et un point bas.

Tous les compartiments du S&P sont dans le rouge, neuf secteurs accusant une baisse de plus de 2%.

Aux valeurs, Tesla, qui publiera ses résultats mercredi, affiche la plus importante baisse (-7,7%) parmi les géants de la technologie, dont l'indice recule de 3,9%.

"Pour nombre d'entreprises technologiques, les valorisations sont certainement élevées dans de nombreux cas et donc si les bénéfices ne sont pas au rendez-vous pour les justifier, il y a de la place pour de nouvelles corrections", note Darren Schuringa d'ASYMmetric ETFs.

La chaîne américaine de grands magasins Kohl's s'envole de plus de 35% en raison d'un intérêt de la société de capital-investissement Sycamore Partners, selon des sources au fait du dossier.

Dans la santé, Pfizer perd 4,1% après la non-homologation aux Etats-Unis de son traitement contre le déficit de croissance chez les enfants.

LES INDICATEURS DU JOUR

L'enquête d'IHS Markit a montré lundi que le variant Omicron du coronavirus avait freiné l'activité des services dans la zone euro depuis le début du mois.

L'indice PMI flash composite a reculé à 52,4, au plus bas depuis février et celui des services est revenu à son plus bas niveau depuis neuf mois à 51,2. Le PMI flash manufacturier a en revanche atteint un plus haut de cinq mois à 59,0. [L8N2U41FD]

CHANGES

Aux changes, le dollar profite de son statut de valeur refuge pour s'apprécier de 0,38% face à un panier de devises de référence.

L'euro, en repli de 0,26%, reste sous le seuil des 1,13 dollar.

Parmi les cryptomonnaies, le bitcoin, en baisse de 5,2% à 34.370 dollars, soit un recul de plus de 50% depuis son pic de novembre, est pénalisé par l'aversion générale au risque.

TAUX

Les rendements obligataires sont en baisse après les annonces de l'Otan.

Le taux des Treasuries à dix ans recule de 2,1 points de base à 1,7262%.

Celui du Bund allemand à dix ans s'est contracté de 3,9 points à -0,098%. Son équivalent français de même échéance a fini en repli de 2,2 points à 0,309%.

En Italie, le rendement du dix ans a cédé 0,8 point à 1,348% alors que débute le processus d'élection du nouveau président de la République.

PÉTROLE

Sur le marché pétrolier, l'or noir recule fortement en raison des craintes sur une hausse des taux et de l'appréciation du dollar.

Le baril de Brent abandonne 2,51% à 85,66 dollars et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,87% à 82,7 dollars.

(Reportage Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot)

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