Moody's maintient la note souveraine de la France à "Aa3"

Publié le 24 Octobre 2026

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Moody's maintient la note souveraine de la France à "Aa3"

Moody's maintient la note souveraine de la France à "Aa3"

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PARIS, 23 octobre (Reuters) - L'agence de notation Moody's a décidé vendredi de maintenir ?la note de crédit de la France à "Aa3", assortie d'une perspective négative, alors que la plupart des analystes s'attendaient à une dégradation à "A1".

"La ?notation Aa3 repose sur l'hypothèse qu'un budget réduisant le déficit sera adopté pour 2027, tandis que les coûts de financement et les tensions sociales s'atténueront quelque peu au cours des prochains mois", indique Moody's dans un communiqué.

"Cette annonce déjoue les pronostics déclinistes de nombreux 'experts' et ?de ceux qui spéculent sur la dette française", a réagi le Premier ministre Sébastien Lecornu sur son compte X.

"Le gouvernement a proposé au Parlement un budget sérieux avec une ?réduction du déficit permis par des efforts partagés", a poursuivi le ?Premier ministre, saluant l'action des forces politiques qui, sans majorité, ont accepté d'ouvrir le débat sur le budget dans un ?calendrier normal.

"Ce signal montre à nos prêteurs qu'il existe un chemin. Il nous appartient de le poursuivre pour donner à la France un budget d'ici la fin de l'année, conforme à l'objectif de 5% de déficit", ?écrit encore Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie, Roland ?Lescure, a dit pour sa part prendre acte de la décision de Moody's, qui devrait ?alléger la pression sur le gouvernement dans un contexte de finances mises à rude épreuve et de troubles sociaux.

"Cette décision est la reconnaissance de la solidité de notre économie et de la crédibilité du budget présenté par le gouvernement dans le projet de loi de ?finances pour 2027, qui vise ?à poursuivre le rétablissement des comptes publics", a écrit Roland Lescure sur le réseau social Bluesky et dans ?un communiqué publié par le ministère français des Finances.

Une dégradation par Moody's de la note de la France aurait aligné celle-ci ?sur les décisions prises en 2025 par Standard & Poor's et Fitch.

La France peine cependant à maîtriser ses finances publiques ?avec une situation qui s'est aggravée depuis que les élections législatives anticipées de 2024 ont abouti ?à un Parlement divisé en trois ?grands blocs, sans majorité, provoquant ainsi une quasi paralysie politique.

Selon le projet de loi de finances, la France table sur un déficit ?budgétaire à 5,4% du produit intérieur brut (PIB) pour cette année et ?le gouvernement prévoit de ramener ce déficit à 5,0% en 2027.

La dette publique, quant à elle, devrait atteindre 119,3% du PIB cette année et pourrait grimper à ?121,7% en 2027, alors que ce ratio était de 115,7% en 2025.

Une baisse à l'avenir de la note de la France pourrait réduire le nombre d'investisseurs capables ou disposés à détenir des obligations françaises ou à les accepter en garantie.

Les coûts d'emprunt de ?la France dépassent déjà ceux de pays moins bien notés comme l'Italie, les investisseurs s'inquiétant du niveau du déficit budgétaire ? l'un des plus importants de la zone euro ? et à l'incertitude liée à l'approche de l'élection présidentielle, prévue les 18 avril et 2 mai.

Les sondages laissent entrevoir une possible victoire de Marine Le Pen, candidate du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN), contre Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise (LFI), perçu comme une formation d'extrême gauche.

(Reportage Leigh Thomas à Paris et Dhara Ranasinghe à Londres; avec la contribution de Samuel ?Indyk à Londres; version française Claude Chendjou)

Reuters