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PLUS: Hermès-LVMH: Bernard Arnault en position de force

Publié le 22 Décembre 2010

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Ambroise Ecorcheville

DOW JONES NEWSWIRES

PARIS (Dow Jones)--Dans son offensive au capital de Hermès International SCA (RMS.FR), le groupe de luxe LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton (MC.FR) apparaît dans une position confortable face aux actionnaires familiaux de la maison de luxe.

Avec 20,2% d'Hermès, le groupe de Bernard Arnault a pratiquement éliminé toute concurrence extérieure pour le contrôle du maroquinier. A moins que certains des actionnaires familiaux n'aient récemment vendu, ils totalisent encore 73% environ du capital. Le flottant d'Hermès ainsi réduit à moins de 7%, la probabilité qu'un éventuel chevalier blanc puisse s'opposer à LVMH est sérieusement réduite.

En acquérant des titres sur le marché et hors marché ces dernières semaines, LVMH s'est, sans ambiguïté possible, posé comme l'acquéreur naturel de toute action Hermès qui serait mise en vente, notamment par les héritiers d'Emile Hermès.

Dans le principe,LVMH n'a plus qu'à profiter des divisions qui pourraient apparaître entre les héritiers pour continuer de renforcer sa position dans le capital du groupe. Ces derniers affichent aujourd'hui un front uni contre LVMH, mais cela pourrait ne pas durer. Ils sont une soixantaine, dont les plus jeunes de la septième génération, et aucun d'entre eux ne détient plus de 5% du capital.

En attendant, le franchissement du seuil des 20% du capital d'Hermès va permettre à LVMH de consolider dans ses comptes sa participation au prorata des bénéfices du sellier. Une participation qui devrait générer annuellement plus d'une vingtaine de millions d'euros en dividendes.

Même après l'acquisition de nouveaux titres au prix du marché, LVMH a fait une bonne affaire. Au total, son investissement dans Hermès lui a coûté environ 91 euros par action, selon Cheuvreux, alors que la valeur cote plus de 160 euros en Bourse.

Certes, le projet de création d'une holding familiale, qui regrouperait plus de la moitié des actions Hermès et bénéficierait d'un droit de préférence sur les actions restant directement détenues par la famille, pourrait compromettre toute prise de contrôle à terme du capital du groupe par LVMH.

Mais ce projet à juste titre controversé pourrait ne pas aboutir: il n'est pas sûr qu'il obtienne de l'Autorité des marchés financiers la dérogation nécessaire au lancement d'une offre publique d'achat. Un recours pourrait être déposé par l'Association de défense des actionnaires minoritaires de Colette Neuville ou par LVMH.

Surtout, il limiterait paradoxalement la capacité des héritiers à vendre leurs actions au plus offrant. Ce qui tend à montrer que plusieurs d'entre eux seraient prêts à le faire. Ce projet est d'autant plus anormal qu'il est inutile: LVMH ne peut en l'état prendre le contrôle d'Hermès en raison de son statut de société en commandite.

Certes, on peut à l'inverse contester les méthodes de LVMH. Le groupe a profité des failles de la réglementation pour faire intrusion dans le capital d'Hermès. Cette opération contestable dans son esprit fait l'objet d'une enquête de l'AMF. Mais jusqu'à preuve du contraire, elle n'est pas illégale. Elle a en tout offert à Bernard Arnault une belle porte d'entrée dans Hermès.

LVMH est aujourd'hui en position de continuer d'acheter des titres Hermès. Il n'a plus qu'à attendre qu'on les lui apporte.

Tout cela ne veut évidemment pas dire qu'un rapprochement entre LVMH et Hermès est souhaitable. Des synergies existent sans aucun doute entre les deux groupes de luxe, par exemple dans la gestion de leurs portefeuilles immobiliers. Mais Hermès a aussi de bonnes raisons de vouloir rester indépendant. Un rachat par LVMH pourrait en particulier entraîner une banalisation d'Hermès et un bouleversement de son modèle économique qui pourrait lui être dommageable.

- Ambroise Ecorcheville, Dow Jones Newswires; 33 (0)1 40 17 17 71; ambroise.ecorcheville@dowjones.com

(END) Dow Jones Newswires

December 22, 2010 11:45 ET (16:45 GMT)

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