Le prix nouvellement proposé est de 50 livres par action (environ 84,47 dollars), après 46,61 livres (environ 76,62 dollars). La prime est ainsi d’environ 32% par rapport au cours de l’action de la société à la mi-avril.

Un tel montant conduirait à valoriser AstraZeneca 63 milliards de livres (environ 106,4 milliards de dollars).

En plus de répondre à une logique purement industrielle, par l’expansion du portefeuille des traitements commercialisés, le rachat d’AstraZeneca par Pfizer est également un moyen pour la firme américaine de conserver ses milliards de profits à l’étranger. Rapatrier ce cash aux Etats-Unis aurait pour conséquence le paiement d’une fiscalité considérable. A la fin de 2013, la liquidité détenue par Pfizer à l'étranger est estimée à 49 milliards de dollars.

La fusion devrait donner lieu à un groupe incorporé au Royaume-Uni, conservant son siège social à New York, et coté sur le NYSE.

Si elle devait avoir lieu, ce serait la plus importante opération d’acquisition d’une société britannique par un acteur étranger et la deuxième plus grande transaction dans le secteur de la pharmacie. En 2000, Pfizer s’était porté acquéreur de la firme Warner Lambert pour 112 milliards de dollars.

Les membres du conseil d’administration d’AstraZeneca doivent se réunir pour discuter de l’offre. Une annonce devrait être faite au cours des prochains jours.

L'opposition politique à cette opération est relativement forte. Pour Michael Heseltine, conseiller auprès de David Cameron, et ancien ministre dans le gouvernement de Margaret Thatcher, s’exprimant ans une interview accordée à la BBC, le gouvernement doit avoir son mot à dire dans l'accord entre les deux grands laboratoires pour notamment influencer la localisation des centres de décision, la manière dont les recherches continueront à être faites. « Il y a tellement de questions sur la base de la recherche, la chaine de distribution, l’emploi qui doivent être explorées, que je ne vois pas comment elles peuvent être résolues de manière adéquate sans que le gouvernement puisse intervenir » a indiqué Michael Heseltine.

David Sainsbury, ancien ministre de la recherche sous Tony Blair et actuellement parlementaire, a appelé David Cameron, dans une interview consentie au Financial Times, à s’opposer à la fusion. « Il est clair que cette fusion porterait un coup dévastateur à notre poids dans la sphère pharmaceutique qui devrait être de plus en plus crucial au cours des 30 prochaines années. Si le gouvernement signale notablement sa volonté de ne pas voir cette opération avoir lieu, les dirigeants d’AstraZeneca seront suffisamment intelligents pour réaliser que ce ne serait pas nécessairement une bonne chose de poursuivre plus loin ».

En vue d’apaiser les craintes, le président de Pfizer, Ian Read a fait un déplacement à Londres cette semaine et a formulé plusieurs engagements dans une lettre adressée au premier ministre David Cameron concernant le sort des salariés britanniques et les investissements outre-Manche.

Cette offre d'achat constitue un nouvel épisode dans la vague de consolidation que connait le secteur de la pharmacie depuis le début de l’année. Les transactions dans ce secteur représentent jusqu’ici 128 milliards de dollars.