Les grandes manœuvres se poursuivent dans le secteur pharmaceutique. Après les échanges d’actifs entre Novartis et GlaxoSmithKline et les offres en cours sur AstraZeneca et Allergan, un deal vient d’être conclu entre l’américain Merck et l’allemand Bayer. Ce dernier va racheter pour 14,2 milliards de dollars (10,2 milliards d’euros) la division Santé grand public de Merck.

Cette division regroupe des produits de grande consommation et des médicaments vendus sans ordonnance, parmi lesquels les crèmes solaires Coppertone, les soins pour les pieds Dr Scholl's ou le traitement contre l'allergie Claritin. Le fabricant britannique de produits d'entretien et de médicaments Reckitt Benckiser avait indiqué mercredi ne plus être sur les rangs pour racheter cette activité, laissant le champ libre à l'allemand.

Grâce à cette acquisition, Bayer deviendra « le deuxième fournisseur mondial de produits sans ordonnance » et se rapproche du numéro un, l’américain Johnson&Johnson. Mais ce marché, estimé à 200 milliards de dollars reste très fragmenté : J&J n’en détient que 4%, soit un chiffre d'affaire annuel d'environ 8 milliards de dollars contre 7,4 milliards pour l'ensemble Merck/Bayer.

En plein recentrage stratégique, Merck a précisé qu'il devrait retirer de cette vente un produit après impôts compris entre huit et neuf milliards de dollars. Une partie de cet argent sera réinvestie dans un accord de codéveloppement avec Bayer de nouveaux traitements contre les maladies cardio-vasculaires. L’américain versera 1 milliard de dollars pour s’associer aux recherches de Bayer dans ce domaine, et prévoit un 2e paiement d’étape de 1,1 milliard en cas de succès commercial.