Peut-on se soigner en mangeant ? Depuis une quinzaine d'années les géants de l'agro-alimentaire mettent en avant des produits "bons pour la santé", non sans exagérer parfois les vertus des principes actifs contenus dans ces produits. En 2012 un règlement européen a durci les règles de publicité et de commercialisation de ces "alicaments" qui doivent désormais faire la preuve de leur effet en termes de prévention ou d'accompagnement de maladies.

C'est dans cet environnement que s'inscrit Valbiotis, jeune société rochelaise créée en 2014 par trois ex cadres dans l'industrie pharmaceutique, Sébastien Peltier, Jocelyn Pineau et Philippe Charier. La société développe des compléments alimentaires destinés à prévenir ou réduire le risque d'un certain nombre de pathologies métaboliques chroniques : le diabète de type 2, l'obésité et les maladies-cardio-vasculaires qui en découlent. Elle a noué des partenariats de recherche avec plusieurs universités ainsi qu'avec les laboratoires Pierre Fabre, responsables du sourcing des produits. "Tous les produits développés par Valbiotis sont issus de végétaux, composés de multitudes de molécules actives, qui font l'objet d'un développement scientifique et clinique rigoureux en relation avec des centres de recherche académiques d'excellence. Cette approche collaborative nous permet de maîtriser nos frais de R&D et d'obtenir des avancées rapides", explique Sébastien Peltier, CEO et président du directoire de Valbiotis.

Un marché porteur

En trois ans, la biotech a ainsi développé un pipeline de cinq produits, dont trois sont issus du même principe actif, une association d'extraits de cinq plantes qu'elle a fait breveter. Son complément santé le plus avancé, Valedia, s'adresse aux "prédiabétiques", des personnes dont le taux de glycémie est relativement élevé et qui risquent de développer un diabète de type 2. Ce marché concernerait 129 millions de personnes en Europe et aux Etats-Unis et un seul médicament, la metformine, y est aujourd'hui prescrit. Valbiotis doit encore démontrer le lien entre son complément alimentaire et l'amélioration des paramètres clés du prédiabète afin d'obtenir une "allégation santé" auprès de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), et s'ouvrir les portes de ce marché. "Les premiers résultats cliniques (amélioration de la sensibilité à l'insuline) permettent d'être optimiste quant au succès de la phase II (phase finale de développement) pour Valedia dans le prédiabète", estiment les analystes d'Invest Securities dans une note accompagnant le dossier d'introduction en bourse de la société. "Nous anticipons ainsi une obtention du statut allégation santé dès 2019 pour une mise sur le marché en 2020", ajoutent-ils. Valbiotis cherchera alors un partenaire dans le secteur de l'agro-alimentaire ou de l'industrie pharmaceutique pour une commercialisation de son produit en Europe et aux Etats-Unis. Invest Securities envisage également un rachat pur et simple de la société par l'un des gros acteurs de la nutrition médicale, comme Nestlé, qui n'a pas hésité à débourser plusieurs centaines de millions d'euros l'année dernière dans ce secteur.

En attendant, l'introduction en bourse doit permettre à Valbiotis d'accélérer le développement clinique de ses produits et de "crédibiliser le projet auprès des partenaires commerciaux ciblés". Les fonds levés, entre 10 et 13 millions d'euros, serviront à financer les études d'efficacité sur Valedia et les autres produits du pipeline, ainsi qu'à renforcer les moyens techniques et humains de la société. Contrairement à la plupart des biotech, Valbiotis consomme peu de cash. Elle a levé depuis sa création 4,6 millions d'euros dont environ 3 millions auprès des fonds Sofimac Partners, Poitou-Charentes Innovation et Nestadio Capital. Fin 2016, le déficit reportable s'élevait à 1,9 million d'euros.

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