Le groupe pharmaceutique américain Pfizer a annoncé mardi qu'il envisageait de mettre en vente sa branche de médicaments sans ordonnances, Consumer Healthcare. Dans un communiqué le laboratoire dit examiner "une série d'options stratégiques" pour cette activité dont le chiffre d'affaires s'est élevé à près de 3,4 milliards de dollars en 2016.

Pfizer prendra sa décision dans le courant de l'année 2018, après une revue stratégique confiée aux cabinets de conseil Centerview Partners, Guggenheim Securities et Morgan Stanley. Présente dans 90 pays, Consumer Healthcare détient une série de marques mondiales de médicaments sans ordonnance, dont les antidouleurs Advil, les suppléments alimentaires Centrum ou encore le baume pour lèvre Chapstick, ainsi que des marques locales. En la cédant Pfizer entend se recentrer sur les segments à plus fortes marges comme l'oncologie et l'immunologie.

Compte tenu des derniers deals dans le secteur la division pourrait être valorisée à près de 4 fois son chiffre d'affaires, soit plus de 12 milliards de dollars. Pfizer, qui espère "maximiser la valeur pour ses actionnaires", n'a pas précisé ce qu'il comptait faire du produit d'une éventuelle cession. Lors de la publication de ses résultats semestriels, le PDG Ian Read avait dit que le groupe américain continuait à regarder les opportunités de croissance externe mais attendait de connaître le contenu des réformes fiscales promises par Donald Trump. Ces dernières années, ses tentatives de rachat du britannique AstraZeneca puis de l'irlandais Allergan pour plus de 100 milliards de dollars chacun avaient échoué notamment en raison de l'hostilité de l'administration Obama qui y voyait un moyen de contourner l'impôt aux Etats-Unis. Pfizer s'est consolé avec le rachat en août 2016 de la biotech américaine Medivation, spécialiste des traitements contre le cancer, pour 14 milliards de dollars.

S'agissant de la division Consumer Health, elle pourrait intéresser plusieurs laboratoires dont le français Sanofi qui a déjà racheté en 2016 les médicaments sans ordonnance de l'allemand Boehringer Ingelheim. Tout dépendra du montant réclamé par Pfizer. Une cible plus accessible pour Sanofi serait la branche OTC (over the counter) de l'allemand Merck, qui envisage lui aussi de se séparer de cette activité.