Nouvel entrant sur Euronext Growth (ex Alternext), Theranexus espère lever 18 millions d'euros à l'occasion de son introduction en bourse. La période de souscription court du 11 au 24 octobre, pour une première cotation prévue le 30. Société de biotechnologie créée en 2013 par deux anciens chercheurs au CEA (commissariat à l'énergie atomique), Theranexus pense pouvoir améliorer l'efficacité des traitements des maladies du système nerveux central grâce à leur association avec d'autres médicaments "repositionnés" dans ces maladies. En agissant ainsi sur l'ensemble des cellules du cerveau et pas uniquement sur les neurones, les traitements gagnent en efficacité.

L'avantage de cette approche est de s'appuyer sur des molécules déjà connues et autorisées, ce qui réduit considérablement les coûts de développement. En quatre ans d'existence et avec 8 millions d'euros levés, la société a ainsi constitué un portefeuille de 3 candidats médicaments ciblant les troubles du sommeil (narcolepsie, somnolence diurne dans la maladie de Parkinson), les troubles cognitifs dans la maladie d'Alzheimer et les douleurs neuropathiques. "Les maladies neurologiques constituent l’une des premières causes de handicap dans le monde, affectant près d’une personne sur cinq, et représentent plus du tiers des dépenses mondiales de toutes les maladies réunies. Notre innovation dans ce domaine réside dans l'amélioration du service médical rendu et non dans la recherche de nouvelles molécules chimiques", résume Franck Mouthon, cofondateur et PDG de la société.

Un accord de licence visé en 2019

Le composé le plus avancé de la société, THN102, a été testé sur une vingtaine de volontaires sains privés de sommeil. "C'est le premier candidat-médicament à avoir démontré sa supériorité sur le traitement de référence actuellement sur le marché lors d'une étude de phase 1", souligne Franck Mouthon. Forte de ces résultats encourageants, la société a lancé en 2016 une étude de phase II sur des patients atteints de narcolepsie dont les résultats sont attendus au troisième trimestre 2018. Parallèlement Theranexus s'apprête à ouvrir d'ici la fin 2017 une étude internationale sur des patients atteints de somnolence diurne dans la maladie de Parkinson. L'objectif est de démonter l'efficacité du THN102 dans ces deux indications "à fort potentiel" et de nouer, d'ici 2020, un partenariat de licence avec un grand groupe pharmaceutique (ce dernier prenant en charge la dernière phase d'essais cliniques et la commercialisation, prévue à ce stade en 2024 en Europe et aux Etats-Unis).

Pour financer cette étude et le lancement de deux autres essais en 2018 dans la maladie d'Alzheimer et les douleurs neuropathiques, la société a décidé de s'introduire en bourse. Elle vise une augmentation de capital d'au moins 18 millions d'euros (23,8 millions en cas d'exercice intégral de la clause d'extension et de l'option de surallocation). Elle peut d'ores et déjà compter sur le soutien de ses actionnaires historiques, les fonds Auriga Partners, Sofima, CEA Invest et Kreaxi, qui se sont engagés à souscrire à hauteur de 5,4 millions d'euros, ainsi que sur l'arrivée de nouveaux investisseurs (Financière Arbevel, Alto Invest) pour 5,5 millions. La fourchette de prix pour l'offre au public et le placement global a été fixée entre 14 et 18,8 euros par action. "L'essentiel des fonds levés lors de l'introduction en bourse servira à financer nos études cliniques et le développement de notre portefeuille. Elle nous permettra de négocier, le moment venu, le meilleur accord de licence avec un industriel du secteur", souligne Franck Mouthon.