Innate Pharma a fait part mercredi des résultats "décevants" d'une étude clinique associant son traitement expérimental lirilumab à l'Opdivo de Bristol-Myers-Squibb (BMS) pour le traitement du cancer de la tête et du cou. "Alors que lirilumab a été bien toléré, l'évaluation de l'efficacité des combinaisons en cours, notamment avec nivolumab (Opdivo, ndlr) dans un grand nombre de patients atteints d'un cancer épidermoïde de la tête et du cou, n'a pas démontré de bénéfice évident pour les patients ni fourni de perspective de développement claire", a indiqué le laboratoire dans un communiqué.

"Avec notre partenaire Bristol-Myers Squibb, nous allons examiner ces données de manière approfondie et évaluer l'intérêt d'explorer d'autres combinaisons", a ajouté Mondher Mahjoubi, Président du Directoire d'Innate Pharma, qualifiant ces résultats de "décevants". C'est le deuxième revers cette année pour cette molécule, qui avait échoué à démontrer son utilité comme monothérapie dans le traitement de la leucémie.

Plusieurs analystes ont abaissé leur objectif de cours suite à ces annonces. Gilbert Dupont évalue désormais à 5% la probabilité d'arrivée sur le marché d'un candidat dans le cadre des accords avec BMS, contre 30% précédemment. Abaissant lui aussi fortement la valorisation de lirilumab, Bryan Garnier maintient cependant sa recommandation d'achat sur Innate Pharma avec un objectif de cours de 18,6 euros. Les espoirs de l'analyste reposent sur le reste du portefeuille, notamment sur le monalizumab, un "anticorps inhibiteur de point de contrôle" développé en partenariat avec AstraZeneca (AZN) et actuellement en essais cliniques de Phase I et I/II dans différents types de tumeurs et combinaisons. Mais son horizon de commercialisation reste lointain. 

La réaction des investisseurs est sans appel, le titre chutant de 40% vers 11h jeudi, à 5,25 euros, de loin la plus forte baisse du SBF 120.