Interview de Alain Tonnard : Co-président d'Audika

Alain Tonnard

Co-président d'Audika

Notre demande est alimentée par l'arrivée des baby-boomers

Publié le 16 Septembre 2008

Sur le premier semestre 2008 votre chiffre d’affaires progresse de 15,5%, à 51,63 millions d’euros, votre ROC progresse de 17,7%, à presque 9,5 millions d’euros, enfin le RN progresse de 19%, à 5,9 millions d’euros. Que vous inspirent ces résultats ? Quels ont été les leviers de cette croissance ?
Nous sommes satisfaits du premier semestre, le groupe Audika a réalisé un résultat en ligne avec nos attentes.

Nous avons poursuivi l’optimisation de nos fondamentaux économiques et surtout le groupe continue à recueillir les fruits de sa stratégie dynamique d’extension de son réseau qui continue à bien fonctionner.

Au sujet de votre extension de réseau, comment a-t-il évolué depuis fin 2007 ?
A l’heure actuelle, nous avons plus de 300 centres ouverts en France, soit 14% du marché français.

Il faut savoir que le groupe ouvre entre 30 et 40 nouveaux magasins par an. Sur les six premiers mois, nous en avons ouvert 25 nouveaux, avec une quasi-parité entre les acquisitions et les créations. Nous devrions atteindre en fin d’année la moyenne des 35 centres ouverts en France.

Rappelons que cette parité entre création et acquisition est un peu exceptionnelle car nous avons réalisé une grande partie de notre programme de création sur le début de l’année. Traditionnellement nous avons un mixte annuel de l’ordre de 2/3 d’acquisitions et de 1/3 de créations.

J’ajoute que notre activité sur le marché italien se développe également très bien. A la fin du premier semestre, nous comptons 15 centres Audika.

Quelles sont les perspectives à plus long terme dans ce domaine ? Outre le marché italien, envisagez-vous une implantation sur de nouveaux marchés ?
En termes de perspective, nous garderons une moyenne de progression 35 nouveaux centres par an en France, ce rythme nous permettant d’étendre notre réseau dans de bonnes conditions.

Nous considérons qu’une croissance plus forte serait faite au détriment de l’attention que nous portons à l’ouverture de chacun de nos nouveaux magasins.

Il faut savoir que pour une acquisition, il faut compter en moyenne entre 6 à 12 mois pour l’intégration et la formation des nouveaux collaborateurs à nos méthodes.

Au sujet des perspectives, à rythme constant d’extension de notre réseau, nous pourrons compter, fin 2009, plus de 400 magasins Audika sur le marché français. Quant au marché italien, nous tablons sur un réseau de 50 magasins d’ici à fin 2010.

A plus long terme l'objectif est d'avoir 700 centres Audika en France.

Nous parlons beaucoup de la baisse du pouvoir d’achat, d’un fort contrôle des dépenses de la part des ménages, la conjoncture actuelle vous a-t-elle impactée ?
Nous avons trente ans d’expérience et celle-ci nous montre que nous ne sommes pas directement impactés par la conjoncture du marché. Même si nous resterons vigilants, nous n’avons jamais vu une accélération ni une décélération des ventes suite une bonne ou une mauvaise conjoncture.

Ceci est lié au fait que nous équipons des personnes qui ont attendu longtemps avant de se faire appareiller, et qui ont donc besoin de nos produits. Notre produit devient presque un produit de nécessité.

Le jour où nous équiperons 30 à 40 % des besoins (15% aujourd’hui), nous serons probablement beaucoup plus impactés par la tendance des marchés. Je pense qu’un public un peu plus jeune, dans une conjoncture difficile, estimera pouvoir attendre.

Notons également que notre demande est alimentée de façon conjoncturelle par l’arrivée des «baby boomers» sur notre marché. C’est une sécurité supplémentaire car il y a de plus en plus de clients potentiels.

Vous annoncez des prévisions 2008 avec un CA à 108 millions d’euros et une marge opérationnelle d’au moins 19,5%, comptez vous relever ces prévisions au vu des bons résultats de ce semestre? Et quelles sont vos guidances pour l’exercice 2009 ?
Au sujet des prévisions de fin d’année, la performance réalisée au premier semestre, nous permet de confirmer nos objectifs annuels.

A propos des prévisions 2009, il est trop tôt pour donner des indications précises. Nous le ferons lors de la publication du CA 2008 en Janvier 2009.

La seule information que je communiquerais c’est que nous allons faire évoluer notre communication en 2009. Nous avons eu un succès extraordinaire grâce à Robert Hossein de 2003 jusqu’à aujourd’hui [le metteur en scène a réalisé une campagne publicitaire pour Audika, ndlr] et cela marche toujours très bien.

Nous sommes passés de 27% à 62% de notoriété, ce qui est absolument phénoménale. Donc merci Robert Hossein !

Pour autant, il faut changer l’objectif de la campagne pour éviter le phénomène de lassitude, la clientèle à besoin que l’on change un peu les choses. Notre identité visuelle va également évoluer : le logo mais également le concept des magasins seront renouvelés et ce sans pression sur les charges car elles seront réparties sur trois ans.

À partir de 2009 ce sera une évolution et non pas une révolution dans notre communication.

Sans laisser tomber nos clients actuels, cette campagne devra pouvoir capter l’attention et séduire les 65 ans et plus. Les 65 ans étant une tranche d’âge que nous ne captons pas encore aujourd’hui alors que nous avons des appareils auditifs de plus en plus discrets et dotés de nouvelles technologies telles que le Bluetooth.

Nous voulons encourager la clientèle plus jeune à s’adresser à nous.

Quelle perception avez-vous de votre titre et ce au regard des évolutions du secteur des fournitures médicales en bourse ?
Très sincèrement, ce n’est pas notre métier de regarder l’évolution en bourse du secteur.

Je considère que nous faisons un travaille dans lequel nous avons une bonne visibilité de notre métier et dans lequel nous faisons de la croissance.

Propos recueillis par Antoine Ragot