Interview de Nicolas Fellmann : Directeur Financier de BioAlliance Pharma

Nicolas Fellmann

Directeur Financier de BioAlliance Pharma

Nous estimons que la société pourra être bénéficiaire dès qu’elle aura trois produits sur le marché

Publié le 05 Mars 2010

Votre groupe vient de présenter ses résultats annuels, au titre de l’exercice 2009, faisant notamment état d’un chiffre d’affaires de 7,5 millions d’euros, contre 8,2 millions d’euros l’année précédente, et d’un résultat opérationnel en nette progression, ce dernier passant de -23,2 millions d’euros en 2008 à -15,4 millions d’euros en 2009. Quel commentaire vous inspirent ces résultats ?
2009 a été une année qui a vu une progression déterminante de nos actifs stratégiques. Notre portefeuille est plus riche aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été avec un produit commercialisé et bientôt enregistré aux Etats-Unis (Loramyc®), un produit en cours d’enregistrement en Europe (Setofilm®), un produit ayant terminé avec succès sa phase III établissant son efficacité (acyclovir Lauriad®) et trois produits qui viennent de passer en clinique. Notre chiffre d’affaire 2009 est lié au produit commercialisé, Loramyc®, qui a enregistré une très belle progression en France avec des ventes dépassant les 2 millions d’euros, soit plus du double de l’année précédente. Par ailleurs, avec la fin de nos programmes de phase III et une politique générale d’optimisation, nos coûts externes ont fortement diminué ce qui explique la progression des résultats observée.

Pourriez-vous revenir sur la réduction de vos charges (va-t-elle se poursuivre en 2010, vous êtes vous fixez un objectif chiffré en la matière ?) ?
La réduction de ces charges ne devrait pas être modifiée de manière significative en 2010 dans la mesure où nous allons continuer à développer nos programmes de recherche et développement, notamment les études cliniques entamées en 2009, tout en restant très vigilants sur le niveau de notre trésorerie.

Quels ont été les moteurs de croissance sur la période ?
Le moteur essentiel est de manière claire l’avancement de nos programmes, avec des produits qui entrent en clinique et d’autres qui franchissent les dernières étapes avant la mise sur le marché, en particulier le marché américain. Ceci nous donne une forte identité dans le domaine des soins de support et une visibilité importante notamment vis-à-vis de nos partenaires stratégiques actuels ou futurs.

La trésorerie de la société reste élevée, à 14,7 millions d’euros, auxquels il faudra d’ailleurs ajouter le versement de 20 millions de dollars par Par Pharmaceutical. Comment comptez-vous utiliser cet argent ?
Nous allons naturellement poursuivre le développement de nos différents produits. C’est une axe prioritaire car il va nous ouvrir la porte de marchés qui pour certains, au niveau mondial, dépassent le milliard de dollar.

Quelles sont vos perspectives (chiffrées ?) pour 2010 ? Peut-on s’attendre à voir Bio Alliance Pharma renouer avec les bénéfices en 2010 ?
BioAlliance investit dans l’innovation. Le niveau de notre chiffre d’affaire dépend des accords de licence que nous mettons en place avec des partenaires dans divers pays dont la comptabilisation obéit aux normes comptables internationales. Si nous recevons des paiements importants correspondant à l’atteinte d’un objectif contractuel, notre chiffre d’affaire peut être fortement augmenté. Nous estimons que la société pourra être bénéficiaire dès qu’elle aura trois produits sur le marché. Au vu du développement de notre portefeuille actuel, cette perspective pourrait intervenir dans un avenir proche.

Votre groupe a vu ses ventes de Loramyc doubler en 2009. Qu’espérez-vous réaliser en 2010, sachant que ce produit sera également disponible aux Etats-Unis à partir du second semestre 2010 ?
Nous espérons poursuivre une croissance dynamique du Loramyc® sur un marché France de 20 millions d’euros et un marché mondial total de 300 millions d’euros. Notre partenaire Par/Strativa aux Etats-Unis qui devrait être en mesure de lancer le produit au deuxième semestre a récemment annoncé un chiffre d’affaire cible au pic (4-5 ans) de 100 millions de dollars.

Le chiffre d’affaires généré par l’antidépresseur Seroplex est en revanche plus faible, à 0,3 million d’euros. Quelle stratégie allez-vous mettre en œuvre sur ce produit ?
Le chiffre de 0,3 millions d’euros ne représente pas des ventes de produit mais la refacturation de nos frais de force de ventes au laboratoire Lündbeck. Il s’agit donc d’un très bon accord qui a permis d’optimiser nos dépenses et de valider notre stratégie de co-promotion. L’accord avec Lündbeck était très court et devait s’arrêter fin 2009 aussi nous avons dès le début 2010 mis en place un nouvel accord avec Eisai France pour la co-promotion d’Aequasyal® destiné aux bouches sèches particulièrement fréquentes en cancérologie.

Quid de l’arrivée sur le marché de Setofilm, traitement contre les nausées et vomissements post chimio et radiothérapie ?
Setofilm® devrait arriver sur le marché fin 2010 en France sur la base d’une autorisation de mise sur le marché [AMM] devant être obtenue sur le deuxième trimestre 2010.

Quels sont les principaux partenariats attendus sur 2010 ?
L’Europe est notre cible prioritaire pour les produits Loramyc® et Setofilm®.

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy

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