Les repreneurs ne se bousculent pas aux portes de France Telecom pour racheter les chaînes de télévision de l'opérateur télécom, mais c'est bien la fin de l'ère Didier Lombard. La nouvelle stratégie du groupe est d'en finir avec l'aventure des «contenus» et de se focaliser sur l'international (lire notre article le pari africain de France Telecom) et les nouvelles technologies (fibre optique, smartphones, téléphonie 4G…). Pressé par le temps, Stéphane Richard, le nouveau patron du groupe, était entré en négociations exclusives avec son ennemi d'hier, Canal Plus qui souhaitait fusionner Orange Cinema Séries avec TPS Star. Mais les pourparlers semblent s'être enlisés.

Un groupe de fonds d'investissement a montré de l'intérêt pour la filiale de France Telecom. Parsifal et Searchlight se sont alliés à des salariés d'Orange Cinéma Séries pour déposer une offre de reprise alternative. Dans une interview au Figaro, Peter Ekelund, patron du fonds suédois Parsifal, estime que son offre éviterait pour France Telecom l'écueil d'une procédure de validation par le conseil de la concurrence. Le projet de ce consortium vise à redéployer la chaîne vers tous les opérateurs afin d'accroitre son audience. «Aujourd'hui, Orange Cinéma Séries totalise plus de 400 000 abonnés alors que France Telecom dispose de plus de 3 millions d'abonnés à son offre triple play» a-t-il expliqué dans les colonnes du quotidien.

Le précédent Jean-Marie Messier

L'autre dossier de France Telecom, c'est Orange Sports. La tâche est plus rude. Avec 200 millions d'euros de déficit chaque année, la chaîne sport d'Orange ne fait pas rêver. France Telecom est bien en discussion avec Eurosport et Disney ESPN, mais avec peu d'espoirs que cela aboutisse. Stéphane Richard a prévenu que faute de repreneurs, Orange Sports serait fermée en 2012, au plus tard.

A son tour, France Telecom jette l'éponge du projet de bâtir un opérateur intégré entre contenus et contenants. Au début des années 2000, Jean-Marie Messier s'y était déjà cassé les dents. En rachetant à tour de bras des start-ups et des studios de cinéma (Universal), le patron de Vivendi n'a pas survécu à l'éclatement de la bulle d'internet. Vivendi a fini démantelé. France Telecom semble à l'écart d'un tel scénario. Son endettement, certes fortement réduit, reste un poids, et ses activités sont lourdes d'investissements. Par ailleurs, France Telecom reste un prédateur à la recherche d'opérateurs locaux, notamment dans la zone Afrique-Moyen-Orient.